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dont j’ai parlé, c’est-à-dire la Connétallie, VAmiramé, et les Eaux et Forêts: ils’v trouvait aussi la Basoche du Palais.
la basociie du palais (tj, institution composée des clercs du parlement,comme celle du haut et souverain empire de Galilée l’était des clercs de laChambre des comptes. La Basoche fut, à ce qu’cn dit, instituée en 1302, parPhilippe-lc-Bel, qui ordonna que cette assoriatio orterait le titre de Royaume ;qu'elle formerait un tribunal, jugeant en dernier ressort, tant en matière civileque criminelle, tous les différends qui s’élèveraient entre ces clercs, et toutesles actions intentées (outre eux; que le président porterait le titre de Roi de taBasoche , et que, tous les ans, ce rci et les sujets de ce royaume feraient unemontre ou revue solennelle. On ne trouve point cette ordonnance de Philippe- le-Bel ; ainsi je ne'garantis pas l’authenticité de cette origine, qui, toutefois,n’est pas sans \ raisemblance.
Ce tribunal était composé d’un préside it-roi, d’un chancelier, d’un vice-chan-celier, de maîtres des requêtes, de greHers, d’huissiers, etc. Il tenait ses au-diences les mercredis et samedis, dans la grand’chambre. Ses jugements com-mençaient par celte formule fastueuse : La Basoche réynanle et triomphante entitres d’honneur , salut et se terminaient par celle-ci : Fait audit royaume, le , etc.On ajoute que Philippe-le-Bcl accorda de plus aux clercs de la Basoche la fa-culté d’établir des juridictions basoebiates inférieures, dans diverses villes duressort du parlement de Paris, à condition que les prévôts de ces juridictionsrendraient foi et hommage au roi de la Basoche, obéiraient à tous ses mande-ments et (pie l’appel de leur jugement serait porté devant lui ou devant sonchancelier.
La montre ou revue de la Basoche était une cérémor'e si remarquable, (pieFrançois I er voulut y assister. Il fut satisfait de celte cérémonie, dans laquelleliguraient, en bonne tenue, sept à huit cents clercs montés à cheval.
Une odieuse contribution, dont François I er venait de charger les habitantsde la Guienne, excita, après sa mort, un soulèvement dans ce pays. 11 fallaitdes forces pour réprimer les insurgés; alors le roi de la Basoche vint offrirà Henri II six mille hommes de ses sujets capables de le servir dans cette tristeexpédition. Henri II accepta l’offre, et six mi'le clercs partirent, armés, poursoumettre les habitants de la Guienne. Le roi de France fut si satisfait desservices du roi de la Basoche et de ses suppôts, qu’il leur accorda plusieursprivilèges. 11 leur donna le droit de faire couper, dans ses forêts, tels arbresqu’ils choisiraient pour la cérémonie du Mai qu’ils plantaient chaque année aubas de l’escalier du Palais. En conséquence de ce d-oit, les clercs allaient tousles ans, couper, dans la forêt de Bondy , trois chênes, dont l’un devait servirde Mai, et les autres étaient vendus au prolit de la Basoche. Il leur fut aussiaccordé, chaque année, une certaine pevlie des amendes adjugées au roi,
(1) Jlasoche est une dénomination de localité, commune, à plusieurs bourgs et villages de France .Dans les titres latins, ces lieux basoche ou la souche sont nommés basitira, mot qui désigne un bâ-timent, église ou palais de fondai ion ou de propriété royale. On voit (pie l’assoeiatiou des clercs duparlement, a élé nommée basoche ou basilique, parce quelle siégeait dans le palais de la Cité, palaishabité jadis par les rois.