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au parlement et à la Cour des aides. Un arrêt du parlement, du 31 décembreU>62, autorise les officiers du royaume de la Basoche à passer et repasser parla ville, soit de nuit, soit de jour, ayant flambeaux ou torches pour assister auxaubades. Il leur fut permis d’avoir des armoiries dont l’écusson, chargé de troisécritoires , surmonté d’un casque, était supporté par deux jeunes fdles nues.
Le roi de la Basoche obtint aussi le droit de faire battre monnaie ; mais elleu’avait cours que parmi ses sujets. Les revenus de ce royaume consistaientdans des parties d’amendes, dans la vente des deux chênes, dans les gratifi-cations que leur accordait le Parlement et dans les béjaunes, espèce de con-tribution exigée de tous les nouveaux clercs. Henri III voyait avec peine cetteroyauté placée à côté de la sienne : il fit défendre à tous les Français de prendredorénavant le titre de roi, et ne laissa subsister que le roi de la fève. Dèslors, l’autorité du roi de la Basoche fut le partage de son chancelier.
ha splendeur du trône de la Basoche et ses attributions ne se bornaient pasa juger en dernier ressort, à des marches pompeuses, à faire battre monnaie, àPorter des armoiries et des titres imposants; ses sujets s’arrogeaient le droit,dans des spectacles qu’ils représentaient au Palais, de censurer les mœursPubliques : ils furent les premiers auteurs et acteurs comiques qui parurent àl‘aris. Pendant que d’autres acteurs offraient en spectacle les mystères de laPassion, les Basochiens jouaient publiquement, sur la table de marbre qui leurservait de théâtre, des pièces appelées farces, soties, moralités; l’argent qu’ilsrotiraient des spectateurs était employé aux préparatifs du spectacle et auxfrais d’un festin où assistaient les acteurs et les officiers de la Basoche.
bans la cérémonie du Mai, célébrée aux premiers jours de juillet, vingt-cinqclercs du Palais, montés à cheval, vêtus en habits rouges, accompagnés detrompettes, timbales, hautbois et bassons, allaient chez leurs dignitaires etchez les principaux membres des Cours du parlement et des aides, faisaient,devant la porte de ces magistrats, exécuter des morceaux de musique, par-couraient les rues pendant plusieurs jours, précédés de drapeaux à leurs armes,e t enfin allaient à la forêt de Bondy où ils marquaient les arbres qu’ils avaientle droit d’y couper, et venaient en planter un au bas de l’escalier du Palais.
Les Basochiens, dans les premiers jours de la révolution, formèrent un corpsde troupes dont l’uniforme était rouge avec épaulettes et boutons en argent,r endirent plusieurs services à la chose publique, et signalèrent leur dévoue-m cnt en se soumettant, sans réclamations, au décret qui anéantissait leurcorporation. On a, depuis la révolution, rétabli la Basoche ou plutôt ce que cette'ustitution avait d’utile, et relégué dans les siècles passés ses titres ridicules etses va ines cérémonies.
châtelet . Après que l’enceinte de Philippe-Auguste eut porté fort au delà duChâtelet les murailles de Paris , cette forteresse fut destinée au siège des juridie-hons de la prévôté et vicomté de Paris . On ne connaît point l’époque précise de.1 établissement de ces juridictions dans cet édifice ; mais on sait qu’en 1302 Phi-üppe-le-Bel rendit une ordonnance portant réglement pour les officiers du Châ-telet, par laquelle il y établit quatre-vingts sergents à cheval, quatre-vingts ser-gents à pied, tous suffisamment armés, et des juges nommés auditeurs, chargés
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