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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS CHAULES IV DIT LE BEL.

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temps, les contenir par la terreur des châtiments. Les grands exemples, disait-il , sont les plus nécessaires; il aurait dû dire les bons exemples.

Jourdain de Lisle, seigneur de Casaubon, neveu par sa femme du papeJean XXII , un des plus illustres et des plus grands scélérats de son temps, dontles crimes, par considération pour ce pape, étaient restes impunis, fut, en1323, par ordre de Charles-le-Bel , livré au parlement, qui le condamna à êtrependu. Son jugement s’exécuta à Paris . Le curé de Saint-Merri, pour (aire sacour au pape, fit porter son corps dans son église, et l’enterra honorablementet gratis, comme il s’en vante dans une lettre adressée à ce pontile.

Charles, en altérant la valeur des monnaies, imita le roi son père, et méritacomme lui le surnom de faux-monnayeur. Il mourut à Yincennes, le 1 er lévrier1328. Voici la notice des établissements faits ou renouvelés à Paris pendant lerègne de Charles IV .

saint-jean-KN-GKÈVE. J’ai parlé de cette église, située derrière l’Hôtel-de-Ville. D’abord chapelle baptismale de Saint-Gervais , puis érigée, en l’an 1212,en église paroissiale, l’église Saint-Jean, entourée d’une enceinte qu’on nommaitle cloître Saint-Jean, avait un cimetière contigu, qu’en 1322 on appelait Placeow Bonhomme. La place du Marché Saint-Jean faisait partie de l’ancien cime-tière de cette paroisse; et, du temps de Philippe-le-IIai'di, cette place portait lenom de Vieux-Cimetière.

Cette église a été démolie entièrement, et son emplacement envahi par lesnouvelles constructions de l’Hôtel-de-Ville.

sain r-jACQUES-DE-L’iioPiTAi., église située au coin de la rue Saint-Denis etde celle Mauconseil, n° 193. Des bourgeois de Paris , ayant fait le pèlerinage deSaint-Jacques de Compostelle , se réunirent en confrérie, et acquirent, en 1419,u n emplacement dans la rue Saint-Denis,près de la Porte-aux-Peintres, dans ledessein d’y établir une chapelle et un grand hôpital pour les pèlerins allant àSaint-Jacques , et pour les pauvres passants de l’un et de l’autre sexe. Ce projets exécuta avec lenteur et à travers plusieurs obstacles. La reine Jeanne d’Évreuxposa la première pierre de l’église qu’elle gratifia d’un doigt de l'apôtre saintJacques.

L’hôpital contenait plus de quarante lits. Chaque jour soixante ou quatre-vingts pauvres s’y rendaient, y passaient la nuit, et le lendemain, avant dePartir, recevaient le quart d’un pain d’un denier, et le tiers d’une chopinede vin. Quatre prêtres, avec le titre modeste de chapelains, furent d’abord char-gés de desservir la chapelle. Leur nombre alla toujours croissant; à la fin duquatorzième siècle, on en comptait dix, dont chacun se fit bâtir une maisondans l’enclos de cet hôpital. Enfin, comme il est arrivé pour la plupart des hô-pitaux de Paris , les prêtres chargés de desservir cette maison envahirent insen-siblement le bien des pauvres, ce qui n’empêcha pas l’établissement de conser-ver toujours le nom d 'hospital, quoiqu’il n’y eût plus à'hospitalité. Tous lesl’evenus devinrent la proie des chanoines, dont les mœurs ne furent pas tou-jours exemplaires. Les seconds statuts, dressés en 1388, défendent aux prêtresde cette maison de jouer aux cartes et aux dés; d'aller à la taverne en habits declientr ; de sortir de l’église pendant la célébration pour aller faire la conversa-