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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

tion au dehors ou sur les places ; de porter la barbe longue et les cheveux longs;d’avoir des chaussures de diverses couleurs; ils leur défendent encore de faireentendre dans l’église, et pendant les saints offices, des ris indécents, des contesfacétieux et des disputes.

En 1672, Louis XIV donna à l’ordre de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et deSaint-Lazare les biens de toutes les maisons qui, comme celle de l’hôpitalSaint-Jacques, n’observaient plus l’hospitalité. Depuis, le bâtiment de l’église decet hôpital a été démoli, et des maisons se sont élevées sur son emplacement.

Tous les ans, au mois de juillet, les confrères de l’hôpital Saint-Jacques célé-braient leur fête par une magnifique procession, composée de pèlerins portantchacun une calebasse pleine de vin qu’ils vidaient et faisaient remplir de tempsen temps, à la vue des spectateurs. « Cette procession, dit Sauvai, étoit terminée» par un grand faquin, vêtu en saint Jacques , avec la contenance d’un croche-» teur qui veut faire l’honnête homme; au retour, tous les pèlerins dînoient en-» semble dans les salles de Saint-Jacques-THôpital ; celui-ci, assis au bout de la» table avec deux hommes qui l’éventoient, regardoit ainsi dîner la compagnie,» sans oser manger, parce que les saints ne mangent point. » Antoine Fusil,curé de Paris et docteur de Sorbonne, après avoir déclamé contre les confrérieset leurs abus, décrit ainsi cette procession : « Un épi tome de cela se peut ob-» server en juillet, à la procession de Sainl-Jacques-de-ITIôpital, à Paris , où ils» contrefont ce saint, sur quelque bon tetteur de gobelet, qu’ils appellent roy,» et le travestissent d'un chapeau, bourdon, cannebasse et d’une robe à l’aposto-» lique, toute recoquillée, récamée par-dessus d’écailles et de moules de la mer.» C’est là où la cannebasserie est vidée en perfection. Et Dieu sait, si, durant le» disner, la bourrache de cuir bouilli est répétée en tirlarigod ; et, après disner,» ils dansent la feste en hymne de chair tabourinée, solemnisant leur pèleri-» nage en bacchantes, ainsi ils bacchanalisent la sainteté de leur solennité. Ils» dansent, gimbrettent et carollent le mérite supposé de leur voyage en Galice .» Cela est blasphématoire de honnir si impudiquement la mémoire des apos-» très et serviteurs de Dieu . »

PARIS SOUS PHILIPPE VI , DIT DE VALOIS.

Philippe VI, fils de Charles, comte de Valois, lequel Charles était troisièmefils de Phiiippe-le-llardi, fut, à la mort du roi Charles IV , déclaré régent duroyaume, et deux mois après, le 1 er avril 1328, lorsque la reine fut accouchéed’une fille, on le proclama roi de France . Il est le premier roi de la branchecollatérale des Valois. Ce roi, sans jugement, sans caractère, cédait aveuglé-ment à la volonté de ses courtisans perfides; volonté qu’il croyait être lasienne. Trahi dans sa cour, trahi à la guerre, il fut partout malheureux. Sonmalheur fut l’ouvrage des circonstances qu’il ne sut pas dominer, et de soncaractère brouillon et irritable qu’il n’eut jamais la force de maîtriser. 11 al-luma, par sa conduite impolitique, entre la France et l’Angleterre, une guerrequi causa plusieurs siècles de maux. — Dans les années 1343 et 1344, il fit,pour cause de trahison, décapiter aux Halles de Paris, ou bannir du rovau-