SOUS PHILIPPE VI DIT 1)E VALOIS. 207
nie, plusieurs chevaliers puissants. Il donna lui-même l’ordre de leur exécu-tion (l).
Philippe VI , sans être un très-méchant homme, fut un très-mauvais roi. Ilmourut le 22 août 1350. La France ne lui doit aucune reconnaissance, et Paris aucune institution utile. Voici celles qui, sans sa participation et pendant sonrègne, eurent lieu dans cette ville.
saint-sépulcre, église située rue Saint-Denis, n° 124, fondée en 1329 parune confrérie de personnes qui avaient fait vœu de visiter la Terre-Sainte. Cettefondation, comme toutes celles du même genre, rencontra de fortes opposi-tions parmi les ecclésiastiques en dignité, et fit naître, entre le chapitre deSaint-Merri et celui de Notre-Dame , de longues et vives altercations. L’évêquede Paris intervint pour lancer son excommunication contre les fondateurs. Ilfallut que les confrères entrassent en arrangement avec ces terribles adver-saires. D’autre part, plusieurs curés disputèrent à la nouvelle église le droitd’avoir un cimetière, craignant que ce nouvel établissement ne leur enlevâtdes pratiques. 11 fallut encore que les fondateurs achetassent la tranquillité auPrix de plusieurs concessions; il leur fallut partager avec ces prêtres les pro-duits de l’autel, du cimetière, des offrandes, des bénédictions, etc.
En 1333, le nombre des confrères s’élevait à plus de mille: on y comptaitdes rois, des princes, des personnes de tous les rangs. Cet état de prospéritédétermina la confrérie à faire construire une église plus vaste. Ce nouvel édi-fice fut dédié en 1526; mais sa construction ne fut terminée qu’en 1655.
Ces confrères avaient eu l’imprudence ordinaire de placer dans leur égliseun clergé qui s’érigea en chapitre, et qui bientôt envahit leurs biens et leursdroits, et les confrères furent bientôt presque entièrement dépouillés par leurscréatures. En 1672, cette maison eut le sort de celle de Saint-Jacques-de-l’Uôpi-fid; le gouvernement la réunit à l’ordre de Saint-Lazare .
En 1775, quelques individus, pour se procurer à bon marché l’apparencedu mérite, s’avisèrent de faire revivre les anciennes prérogatives de la confré-rie du Saint-Sépulcre, et d’exhumer des bulles et des titres qui en avaient au-torisé l’existence. Cette confrérie, n’étant alors composée que de bourgeois etd artisans, fut, par allusion à leurs banquets, nommée la Confrérie de l’Aloyau.fis intriguèrent à la cour, et parvinrent à s’associer plusieurs personnages puis-sants. Suivant leurs plans, ils établissaient un nouvel ordre chevaleresque, dont
(0 Godefroi de Harcourt fut, par arrêt du parlement, du 10 juillet 1343, banni du royaume, et ses^iens furent confisqués. Olivier, sire de Clisson, chevalier, tut décapité aux Halles de Paris, le 2 août1343, par jugement du roi. Messire Raoul Patris, chevalier, et Pierre de Préais, écuyer, furent bannis,et leurs biens confisqués, le 2 octobre de la même année. Le 29 novembre 1343, furent décapités, auxHalles de Paris, sept chevaliers et trois écuyers. Le 1 er décembre, réponse d’Olivier de Clisson , sonécuyer, et deux châtelains, n’ayant pu être saisis, furent bannis du royaume, et eurent leurs biensconfisqués. Le 3 avril 1344, trois chevaliers, traîtres au roi, meurtriers et larrons, furent décapités auxHalles de Paris. Le 12 octobre 1344, maître Henri de Malestroit, chapelain du pape, maître des re-quêtes de l’hôtel, fut, pour la même affaire, lié sur un tombereau, avec une couronne en parcheminsur la tête, promené dans les rues de Paris , et condamné à une prison perpétuelle, au pain de dou-leur et à Veau de tristesse. U y eut plusieurs autres prisonniers décapités. {Registres criminels duparlement.