HISTOIRE UK PARIS
‘208
M. le comte d’Artois devait être le grand-maître. Déjà un costume, des croixétaient fabriqués pour la décoration des nouveaux chevaliers, et des gradesde commandeurs répartis pour flatter l’amour-propre des plus éminents; déjàles intrigants vendaient les admissions à cet ordre, et le droit de se décorer dela croix du Saint-Sépulcre, lorsque, le 2 juin 1776, le roi leur fît défense deporter le titre et la décoration de cet ordre prétendu, et les arrêta au milieu deleur carrière chevaleresque.
Cet ordre s’est relevé en 1814 : on voit dans un petit volume intitulé : Précishistorique de l'ordre royal, hospitalier-militaire du Saint-Sépulcre de Jérusalem ,par M. le comte Allemand , et publié à Paris en 1815; on y voit, disons-nous,qu’il en coûtait 500 francs pour être reçu dans l’ordre en âge de minorité, et300 francs pour être admis en âge de majorité; qu’en aucun cas les dames nepouvaient être autorisées à porter la croix de l’ordre, à l’exception des prin-cesses de la famille et du sang royal. Le même écrit porte que les nouveauxchevaliers ont été reçus dans le cabinet de Sa Majesté, et que Mgr. le comte d’Ar-tois accepta avec plaisir le titre de grand-maître, mais que Son Altesse royaleajouta « qu’elle en référerait au roi, sans les ordres duquel elle ne pouvait rien» faire. » Or, le roi venait de leur répondre qu’il voyait avec plaisir le zèle qui lesanimait, qu’il examinerait l’objet de leur demande, et qu’il protégerait toujoursles institutions utiles. C’était un refus adroitement enveloppé; car Louis XVIII ne mettait certainement pas le rétablissement de cet ordre au rang des institu-tions utiles. J’ignore ce qu’est devenue depuis cette association.
En 1791, une compagnie de négociants hollandais ou bataves acquit l’em-placement de l’église et autres bâtiments du Saint-Sépulcre , et y fit élever lesvastes et belles constructions appelées la Cour Batave.
sa INT-julien des MÉNÉTRIERS, église située rue Saint-Martin, n° 96. Deuxjongleurs, Jacques Grure et Hugues ou IIuet-le-Lorrain, avant l’an 1321, fon-dèrent cette église, ainsi qu’un hôpital attenant; mais ils n’y parvinrent qu’a-près avoir éprouvé beaucoup d’obstacles. Ces constructions étaient terminéesen 1335. Les joyeux confrères contribuèrent, par des dons annuels, à l’entre-tien d’un chapelain. Le curé de Saint-Merri vint s’opposer, comme à l’ordi-naire, à cet établissement : il fallut composer avec lui.
Les ménétriers ou jongleurs étrangers, passant par la ville de Paris , étaienthébergés dans cet hôpital. Les ménétriers, jongleurs, jongleresses, formaientalors à Paris une corporation : ils habitaient la même rue, celle dite autrefoisdes Jongleurs, et aujourd’hui des Ménétriers. Dès l’an 1321, au mois de septem-bre, ils avaient consolidé leur association par un réglement scellé à la prévôtéde Paris : en voici la substance. Les seuls jongleurs et ménétriers de la corpo-ration de Paris avaient le droit de faire entendre le bruit de leur musique auxfêtes et aux noces qui se célébraient dans cette ville, et d’y rester pendanttoute leur durée. Les ménétriers étrangers ne devaient point s’y présenter :s’ils s’en avisaient, ils étaient condamnés à une amende. Ces ménétriers étaientgouvernés par un roi et par le prévôt de Saint-Julien, l’un et l’autre étaientautorisés à bannir de Paris , pendant un an et un jour, les ménétriers parisiens