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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

sentaient de loin en loin des cloaques infects. Les rues de l’intérieur n’avaientordinairement que six à huit pieds de largeur.

Le sol de Paris conservait son état primitif, et n’avait pas encore éprouvéd’exhaussement. Les débordements de la Seine inondaient ses rues, entraînaientses ponts mal construits, et dont la hauteur n’était jamais calculée d’après l’é-lévation des grandes eaux. La rive gauche du fleuve, depuis le couvent desAugustins jusqu’à la tour de Nesle, était plantée de saules; elle fut, vers 1313,convertie en une espèce de quai, le premier dont les monuments historiques deParis fassent mention.

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PARIS DEPUIS PHILIPPE IV JUSQU’A CHARLES V .

ÉTAT CIVIL DE PARIS. -INSURRECTION DES PARISIENS CONTRE LE DAUPHIN CHARLES.

Malgré l’ordonnance de plusieurs rois, le droit de prise fut maintenu dansParis pendant toute la période qui m’occupe. Les preneurs du roi, de la reineet de la famille royale continuèrent à enlever, sans les payer, les denrées, lesvoitures, les chevaux des closiers et fermiers des environs de Paris et des fau-bourgs de cette ville. C’est sans doute l’exercice de ce droit, ou plutôt de cebrigandage, qui obligea une partie des Parisiens à déserter leur patrie. Dansune ordonnance de Pbilippe-le-Bel, du mois de mars 1285, on lit en effet queplusieurs maisons de Paris tombent en ruine; que plusieurs habitations et pro-priétés sont désertes, étant abandonnées par les propriétaires. On verra maconjecture confirmée par une ordonnance d’un des successeurs de ce roi, quiattribue au droit de prise une pareille dépopulation.

La confrérie de la marchandise de Paris , institution faible et obscure dans souorigine, reçut pendant cette période une consistance respectable. Dès l’an 1258,Étienne, prévôt de Paris , dans son ordonnance de police, donne au chef de cetteconfrérie le titre de prévôt des marchands , et aux confrères celui de jurés dela confrérie des marchands de Paris , et quelquefois aussi celui d 'échevins. Ellefinit par obtenir un vaste accroissement de privilèges et d’attributions; elledevint le corps municipal de cette ville, et y figura avec une autorité très-éten-due. On va en juger. Charles, dauphin, fils aîné du roi Jean, à peine âgé devingt ans, ayant été, après la malheureuse bataille de Poitiers , nommé lieute-nant du royaume de France, les états généraux assemblés à Paris le 17 octobre1356 élurent, pour diriger le jeune dauphin, un conseil dit des trente-six,composé de douze prélats, de douze nobles et d’autant de bourgeois. Ces étatsgénéraux demandèrent le renvoi et le châtiment des ministres, et firent plu-sieurs autres propositions qui déplurent au dauphin ou à ceux qui le dirigeaient.Piqué de ces demandes, ce prince congédie les états, se retire à Metz et laisseà sa place le duc d’Anjou, son frère, qui, peu de jours après, rend une ordon-nance tendant à donner cours à une nouvelle monnaie d’une valeur fictive. Ce