HISTOIRE DE RADIS
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tait à la somme de 13,000 livres 19 sous 8 deniers. En multipliant ce nombre defeux par cinq, conformément aux expériences faites, on a une population devingt-neuf mille sept cent soixante-quinze individus.
A ce chiffre il faut joindre celui des privilégiés non imposables, des officiersdu roi, des princes, des magistrats et membres des tribunaux, de leurs servi-teurs, des prêtres des paroisses^et des collégiales, des moines et des religieu-ses, des écoliers, de leurs professeurs, etc., que j’évalue approximativementà environ dix mille, ce qui donnerait une population de trente-neuf mille septcent soixante-quinze habitants. Dans ce nombre ne sont point compris les habi-tants des faubourgs, dont la population serait difficile à déterminer : en accor-dant aux faubourgs un cinquième de la population de la ville, on aurait qua-rante-neuf mille cent dix habitants. La Chronique de Jean de Saint-Victor ditque, pendant l’année 1313, Rhilippe-le-Bel passa en revue tous les Parisiensen état de porter les armes, et il faiÇmonter leur nombre à cinquante mille, cequi est exorbitant; car, en y ajoutant les femmes, les enfants, les vieillards, ilfaudrait doubler au moins cette quantité. Les guerres contre les puissancesétrangères, les guerres entre les Français , les troubles, les massacres, les sup-plices, les famines et les maladies contagieuses, qui signalèrent le règne du roiJean et la régence de son fils Charles, durent causer une diminution notabledans la population de Paris . Tous les faubourgs de la ville étaient brûlés etdésertés; il mourait à l’IIôtel-Dieu quatre-vingts individus chaque jour. Lenombre des habitants dut alors être réduit au moins d’un tiers.
Les rois mentionnés dans cette période paraissent plus occupés du maintienet de l’accroissement de leur autorité, plus occupés à repousser les atteintes deleurs ennemis, qu’à réformer les mœurs.
Les principes étaient méconnus, et on ne punissait les criminels que par desmotifs d’intérêt ou de vengeance. Enguerrand de Marigny , comte de Longue-ville, avait rempli les fonctions de ministre des finances sous Philippe-le Bel .Son ministère offrait une longue suite de pillages, d’escroqueries, de perfidieset de crimes de toute espèce, qui seraient restés impunis, si Enguerrand n’a-vait pas eu l’imprudence, en plein conseil, de donner un démenti au comtede Valois. Ce prince, irrité, poursuivit le ministre et le fit condamner au der-nier supplice. Les Grandes Chroniques de Saint Denis portent que les pairs etle roi, qui étaient ses juges, refusèrent d’entendre la défense de cet accusé. « Si» ne lui fut en aucune manière audience donnée de soy défendre, fors que l’é-» vèque de Beauvais , son frère, demanda copie des articles devant dits. » 11 fut,le 13 avril 1315, pendu au plus haut du gibet de Paris .
Les dames de la cour, en matière de galanterie, n’étaient pas très-édifiantes.On voit trois princesses, qui furent reines, se livrer à la débauche, et livrerleurs amants au plus horrible des supplices. Une d’elles, que l’on croit êtreJeanne de Bourgogne, épouse de Philippe-le-Long , était accusée d’appelerles jeunes gens qui passaient sous ses fenêtres, et après avoir assouvi avec eux