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C’était une porte flanquée de tours et de tourelles, qui s’ouvrait sur une avant-cour assez vaste : on la parcourait en longeant une autre partie du fossé duchâteau. Arrivé au milieu de sa façade, on trouvait une autre porte, fortifiéepar deux grosses tours peu élevées et couvertes d’une terrasse. Sous Charles VI ,cette porte fut décorée de la figure de ce roi et de celle de son père Charles V ,sculptées par Philippe de Fontières et Guillaume Josse. Une autre entrée sevoyait en face de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois : elle existait après la con-struction de la colonnade du Louvre. « Elle est encore sur pied, dit Sauvai, et,» comme on voit, fort étroite, bordée de deux tours rondes, avec une figure» de chaque côté; savoir : celle de Charles V, êt l’autre de Jeanne de Bourbon ,» son épouse. Les deux autres portes, moins considérables, se trouvaient aux» autres faces de l’édifice. »
Les pièces principales des bâtiments qui environnaient la cour intérieureconsistaient en une grande salle, ou salle de Saint-Louis ; sa hauteur allait jus-qu’au comble ; sa longueur était de douze toises, et sa largeur de sept : ony trouvait encore la salle neuve du roi, la salle neuve de la reine, la chambre duconseil , divisée en une salle et une garde-robe nommée garde-robe du con-seil de la trappe; une chambre de la trappe, et une salle basse, dont Charles V ,en 1366, fit orner les murailles de peintures représentant des oiseaux, descerfs et autres animaux, au milieu de paysages. C’était là que les rois ré-galaient les princes étrangers et que se donnaient les festins. La chapellebasse, dédiée à la Vierge, était la plus vaste et était décorée de treize statuesde prophètes.
L’enceinte du Louvre renfermait quelques jardins : le plus considérable, qu’onnommait le grand jardin, était carré et n’avait que six toises de longueur. Der-rière le Louvre, et dans la rue Fromenteau, était une maison où, dit Sauvai,« souloient eslre les hons du roi. »
Tel était le Louvre sous les règnes de Charles V et de quelques-uns de sessuccesseurs. Les changements qu’il éprouva sous Henri IV et Louis XIV l’ontcomplètement modifié.
collèges. Plusieurs collèges furent fondés sous le règne de Charles V : d’a-bord celui de Dormans, situé rue Saint-Jean-de-Beauvais, et établi par Dor-mans, évêque de Beauvais , en 1370; puis celui de Presle, contigu au précédentet qui était dû à la munificence de Raoul de Presle, conseiller et poète duroi. C’est dans les caves de cet établissement que le célèbre professeur PierreRamus fut traîtreusement assassiné pendant les massacres de la Saint-Barthé-lemy . Le collège de Dainville, rue de la Harpe, en face de l’église Saint-Côme,bâti par M. de Dainville, archidiacre d’Arras , ne présentait rien de remarqua-ble. A la même époque, s’éleva rue du Foin-Saint-Jacques, n° 14, le collège deMaître-Gervais ou de Notre-Dame-de-Bayeux . On en devait l’idée à maître Ger-vais-Chrétien, « souverain médecin et astrologien stipendié et moult apprécié>. du roi Charles-le-Quint , « dit Simon de Phares dans son Catalogue des prin-cipaux astrologues de France . Ce roi avait pour lui tant de vénération, qu’ilvoulut que son collège portât le nom de Maître-Gervais, parce que son médecinconçut le projet de le fonder. Charles V le fit bâtir à ses frais, le dota, vou-