SOUS CHAH LUS VI. 235
a Vierge, située au rond-point de l’église, et restaurée avec beaucoup de luxedans ces dernières années.
Le portail de cette église diffère entièrement de 1 architecture du reste del’édifice. La première pierre en fut posée par Louis XIII le 24 juillet 1616. Ilfut élevé sur les dessins de Jacques Debrosses, architecte du Palais du Luxem-bourg , et fut achevé en 1621. 11 présente trois ordres superposés, le dorique,l’ionique et le corinthien. Malgré quelques défauts de détails, ce portail, d’unbel effet, est digne de sa réputation et n’a besoin, pour être apprécié, que d’uneplace plus vaste qui permette de le considérer sous son vrai point de vue.
L’église Saint-Gervais contenait les monuments funèbres de plusieurs person-uages distingués : du traducteur Pierre du Ryer, du poète Paul Scarron , del’abbé de Boisemont, et du peintre Philippe de Champagne . On y remarquait lemausolée fastueux de Michel Letellier à genoux, sa ligure, et son épitaphe rap-pelant qu’il avait provoqué la révocation de l’édit de Nantes . On y voyait, enfin,le tombeau érigé par ordre du roi, et sculpté par Lemoine, de Prosper Jolyotde Crébillon , poète tragique mort le 17 juin 1762.
chapelle et hôpital DES orfévkes, ou de Saint-Éloi, situés rue des Orfèvres,n” s 4 et 6. Les orfèvres de Paris achetèrent, en l’an 1399, une maison et y établi-rent une chapelle et un hôpital destiné aux pauvres ouvriers de leur profession.On y voyait plusieurs figures sculptées par le célèbre Germain Pilon , telles quecelles de Moïse, d’Aaron et des Apôtres. Cette chapelle a subsisté jusqu’en 1786,e Poque où son emplacement est devenu une propriété particulière.
confrérie de la passion i»E NOTiiE-sEiGNEUR, établie dans les bâtiments del’hôpital de la Trinité, rue Saint-Denis, au coin de la rue Grenéta. Le Théâtre-Français doit son origine à cette confrérie. C’est dans l’hôpital de la. Trinité que,pour la première fois, fut établi à Paris un théâtre permanent. Auparavant onvoyait quelques spectacles ambulants, des jongleurs qui chantaient et s’accom-pagnaient avec la vielle ou le violon, des baladins qui faisaient danser des sin-ges et autres animaux, des faiseurs de tours de force ou d’adresse, et surtout,s ous les règnes de Charles V et de Charles VI , des funambules étonnants. Destragédies latines, dont le sujet était le martyre ou les miracles de quelque saint,se jouaient dans quelques monastères; mais on n’y avait jamais représentéUne action dramatique en langue française .
Les confrères de la Passion se fixèrent d’abord dans le bourg Saint-Maur-des-Fossés, y dressèrent un théâtre, et figurèrent des scènes dont le sujet était' a Passion de notre Seigneur Jésus-Christ. Le prévôt de Paris , par ordonnancedo 3 juin 1398, fit défense aux habitants de son arrondissement de se rendre àce spectacle sans une permission expresse du roi. Les confrères s’en plaignirenta Charles VI , qui, ayant assisté à leur représentation, en fut si satisfait, que,par lettres patentes du 4 novembre 1402, il leur permit de donner leur spectacledans Paris et dans les environs de cette ville, et de se montrer dans les ruesv èlus de leur costume théâtral. Ce roi se déclara leur protecteur dans des let-tres où il les traite de ses frères; ce qui a fait croire qu’il était lui-même agrégéa cette confrérie. Après avoir joué leurs mystères, à certains jours, dans diffé-r entes maisons, ils se fixèrent dans la grande salle de l’hôpital de la Trinité,