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SOUS LOUIS XU.
lèrent l’usage de dresser sur leur passage des théâtres sur lesquels était repré-sentée une scène dramatique. Ces scènes, quel qu’en fût le sujet, recevaientle nom de mystères. Outre le théâtre des Confrères de la Passion, on en vits’élever plusieurs autres. Les clercs de la Basoche en établirent un sur la tablede marbre du Palais de Justice ; les clercs du Châtelet imitèrent ceux du Parle-ment; plusieurs collèges de Paris élevèrent aussi des théâtres où figuraient lesprofesseurs et les écoliers. 11 en fut établi jusque sous les Halles de Paris. Lethéâtre des Enfants Sans-Souci était dirigé par le Prince des Sots. Les Con-frères de la Passion ne se bornèrent pas à représenter la passion de Jésus-Christ : ils puisèrent leurs matières dans les Actes des Apôtres, dans la Bible etdans la Vie des Saints. Les clercs de la Basoche jouaient des farces, soties oumoralités, en empruntant les sujets aux événements publics, aux abus, auxfautes et aux excès des grands personnages de la cour ou aux ridicules dela société. Le théâtre des Halles avait pour objet de diriger l’opinion publi-que dans les intérêts du gouvernement. Les théâtres temporaires, dressés dansles collèges, mettaient en scène des événements qu’offre l’histoire ancienne,sans négliger les événements modernes.
théâtre DES confrères de la passion. J’ai indiqué leur établissement àParis sous le règne de Charles VI : je vais donner ici quelques traits qui carac-térisent le genre de leurs compositions dramatiques. Les sujets qu’ils mettaienten scène n’étaient pas de nature à inspirer la gaîté. C’est pourquoi, afin de rom-pre l’uniformité de leur spectacle, ils continuèrent à s’adjoindre la troupe desinfants Sans-Souci. Cependant les auteurs des mystères cherchaient aussi àégayer leurs compositions et à les rendre plus amusantes ; de sorte que, mêmeen représentant la Passion, ils parvinrent à faire rire les spectateurs. Pour cete ffet il suffisait d’offrir des naïvetés grossières et de plats quolibets, dont l’indé-eence nous étonne : les spectateurs n’étaient alors ni délicats ni difficiles,•-es pièces de théâtre sont le miroir des mœurs du siècle où elles paraissent.Que penser des mœurs du quinzième siècle, surtout si l’on sait que ces piècesétaient représentées devant des personnes de tout âge et de tout sexe ? Cepen-dant, pour la justification des auteurs de cette époque, il faut dire qu’ils nePrêtaient ces expressions sales et grossières qu’à des personnages d’une classe•nférieure ou malfaisante, tels que les geôliers, les possédés, les diables, lestyrans, les archers, les bourreaux, etc. Dieu, les Apôtres, les Saints y parlaientquelquefois d’une manière burlesque; mais, généralement, nulle parole indé-rente ne sortait de leur bouche.
En 1545, les confrères de la Passion, forcés de déguerpir de l’hôpital de laTrinité, vinrent s’établir à l’hôtel de Flandre, dont ils prirent une partie en lo-cation. Cet hôtel était situé entre les rues Plâtrière, Coq-Héron, des Vieux-Au-gustins et Coquillière. François I er en ayant, dès 1543, ordonné la démolition,fis vinrent s’établir dans une partie de l’hôtel de Bourgogne, rue Mauconseil.
Parmi les auteurs qui travaillaient pour ce théâtre, il faut citer Pierre Grin-Soire, auteur de plusieurs poésies, qui probablement jouait sur le théâtre desEnfants Sans-Souci le personnage de mère sotte, puisque cet écrivain portaite t se donnait lui-même ce surnom ridicule, et. qu’il a composé plusieurs soties,