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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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DE CHARLES V A FRANÇOIS 1 er .

édit de 1371, accorda la noblesse à tous les bourgeois de Paris sans exception :cette noblesse consistait dans l’affranchissement des servitudes féodales ; d’oùest résultée cette maxime des jurisconsultes : En la noble ville de Paris , toussont bourgeois et n’y a gens de poste, c’est-à-dire qu’il n’v a plus de serfs; et, àcause de cette noblesse tous les bourgeois de la dite ville sont en la sauvegardedu roi. Cette noblesse fut confirmée par les rois Charles VI, Louis XI, Fran-çois I" et Henri 11; mais Henri III , en 1577, restreignit ce privilège aux seulsprévôts des marchands et échevins de cette ville.

Le pouvoir très-étendu dont jouissait le prévôt des marchands reçut quel-ques atteintes sous le règne de Charles V ; plusieurs de ses attributions furentconfiées au prévôt de Paris . La conduite trop énergique d’Étienne Marcel en futla cause. Enfin, sous le règne de Charles VI , en 1382, la magistrature du pré-vôt et des échevins fut supprimée ; voici les causes de cette suppression : Char-les V, pour soutenir la guerre contre les Anglais , pour fournir à son luxe ex-traordinaire, à son goût pour les bâtiments, à sa passion d’accroître des trésorssecrets, avait ruiné ses sujets les plus utiles en les accablant d’impôts qui for-çaient les particuliers à vendre jusqu’aux lits où ils couchaient. La France etles environs de Paris étaient désolés par des troupes de pillards, tant anglaisque français , qui détruisaient, par leur brigandage, l’agriculture et le com-merce. Les cultivateurs se réfugiaient dans les villes, desquelles personne n’o-sait sortir, dans la crainte d’être assailli par ces brigands. Dans cet état dedésordre, de misère et d’épuisement général, Charles V vint encore mettre lecomble aux malheurs publics en établissant un nouvel impôt. Ce roi, dans lasuite, sentit tout l’odieux de sa conduite, et le jour môme de sa mort il fit uneordonnance pour abolir tous les impôts qu’il avait établis. Mais son frère, leduc d’Anjou, qui s’était emparé de la régence, ne fit pas exécuter l’ordonnanceet osa même exiger une nouvelle contribution. Bien plus, pour piller les trésorsde Charles V , et forcer Savoisi à lui déclarer le lieu secret où ce roi avait entassédes lingots d’or à Melun , il menaça, en présence du boureau, ce fidèle serviteurdu dernier supplice s’il ne les lui découvrait aussitôt.

La contribution rétablie par le duc d’Anjou causa dans Paris un mécontente-ment général qu’augmenta et fit éclater un nouvel impôt réclamé par ce duc.Vers le 8 octobre 1380, environ deux cents Parisiens , de la classe la plus pau-vre, s’attroupèrent, vinrent à l’Hôtel-de-Ville, obligèrent Jean Culdoé, prévôtdes marchands, à se rendre avec eux au Palais, auprès du duc d’Anjou. Ce ma-gistrat supplia ce prince de soulager le peuple, et demanda la suppression desnouveaux impôts dont il était accablé. Ces représentations, suivies des cris dupeuple, intimidèrent le duc d’Anjou.11 répondit avec douceur, et donna des espé-rances pour l’époque où le roi serait de retour de Melun ; le peuple satisfait seretira. Mais le duc d’Anjou oublia de tenir ses promesses; le peuple, impatient,s’attroupa de nouveau, et fit, pour la première fois, entendre dans Paris descris de liberté. Alors le prévôt des marchands convoqua une assemblée de Pa-risiens dans le bâtiment appelé le Parlouer-aux-Rourgeois, et leur représentaqu’il convenait, avant toute affaire, d’attendre la fin des fêtes publiques. Laclasse des artisans, accourue en foule à cette assemblée, paraissait se rendre aux