SOUS LE RÈGNE RE HENRI IL
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la guerre aux consciences, il adopta le plan de conduite le plus inique. Ilcontinua , inspiré par quelques cardinaux, à faire brûler vifs les protestants , àentraver la marche progressive des lumières, en faisant saisir les livres, leslibraires et les imprimeurs. En décembre 1549, il prohiba l’impression et la pu-blicité de toute espèce d’ouvrage, à moins qu’il ne fût approuvé par la faculté dethéologie de Paris; il prohiba l’entrée en France des livres étrangers, et défendità toutes personnes non lettrées de discuter sur des matières religieuses. Du reste,cette rigidité de dévotion n'était point, à la cour de Henri 11, secondée parlarigidité des mœurs. Les folles dépenses de ce roi, en luxe, en fêtes, en débauches,en constructionss, à la veille de grands orages politiques, prouvent son défaut dejugement et son immoralité. Henri II fut victime de son goût pour les exerciceschevaleresques. Le 29 juin 1539, dans un tournoi donné dans la rue Saint-Antoine, où il figurait au nombre des combattants, il fut atteint, au-dessousde l’œil gauche, d’un coup que, sans mauvais dessein, lui porta le sieur deMontgommery . Transporté aussitôt dans l’hôtel des Tournelles il y mourut,le 10 juillet suivant.
ÉTABLISSEMENTS CIVILS ET RELIGIEUX.
louvre. Les réparations très-dispendieuses que François I er fit exécuter dansle vieux bâtiment du Louvre devinrent inutiles, par la résolution qu’il prit ensuitede le démolir entièrement pour élever à sa place, d’après des dessins plus mo-dernes, un vaste corps de logis. L’italien Sébastien Serlio fut d’abord chargéd'en fournir les plans, auxquels on préféra ceux de Pierre Lescot , abbé deClagni.Celui-ci conduisit les tiavaux avec succès et rapidité ; et l’édifice qu’on nommeaujourd’hui le Vieux Louvre fut, sous le règne de Henri II , en 1548, presqueentièrement achevé.
La façade occidentale du corps de bâtiment aujourd’hui nommé le Vieux Lou-vre offre un dessin fort simple, parce quelle donnait sur des cours de service ,tandis que la façade orientale, appartenant à la eo< r d'honneur, est plus riched’ornements, plus chargée de bas-reliefs. L’intérieur du Vieux Louvre présentaitun grand nombre de salles pareillement chargées de sculptures. Dans la salle îlesCariatides, on admire les quatre grandes figures qui supportent une tribune;elles sont l’ouvrage du célèbre Jean Goujon , et une des plus belles productionsqu’offre l’art du statuaire depuis la renaissance. C’est dans cette salle, ornée decolonnes accouplées et achevées sous l’empire par MM. Pereier et Fontaine, quel’Académie française a tenu longtemps ses séances : elle fait aujourd’hui partiedu Musée des Antiquités.
Outre ce principal corps de logis, l’architecte Pierre Lescot construisit une par-tie du bâtiment en retour du côté de la Seine , et une aile qui, communiquant auLouvre, s’avançait jusque sur le bord de cette rivière. C’est d’une fenêtre de cebâtiment avancé, de celle qui s’ouvre à l’extrémité méridionale de la galerie d’Apoi-l°n, que Charles IX tirait, dit-on, des coups de carabine sur ceux qui traversaientla Seine à la nage pour échapper aux massacres de la Saint-Harthélemi.
Le corps de bâtiment qui s’élevait depuis le Vieux Louvre jusqu’au bord de la