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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

quatre cents, sétant réunis pour célébrer la Cène, furent aperçus par les bour-siers du collège du Plessis. Aussitôt ces étudiants ameutent un grand nombrede leurs partisans, avertissent le guet de la ville, font des amas de pierres surleurs fenêtres, et préparent tout pour assaillir avec succès les protestants ausortir de leur assemblée. Vers lheure de minuit, ces religionnaires, sans mé-fiance , commencent à se retirer ; mais une grêle de pierres les force à rentrerdans leurs maisons. Les écoliers, pour se renforcer et exciter le peuple du quar-tier à se réunir à eux, crient : aux voleurs! aux brigands! Les habitants, épou-vantés, courent aux armes : on essaie denfoncer les portes du lieu de réunion.Les plus hardis protestants sortent, se font jour l'épée à la main , et parviennentà se sauver : un seul, frappé dun coup de pierre, tomba mort, et fut mis enpièces Les autres, sans armes, ayant avec eux leurs femmes et leurs enfants,restèrent dans la maison, toujours assiégée. Au point du jour, ces malheureuxse rendirent au lieutenant-criminel du Châtelet, qui les conduisit en prison àtravers les injures et les coups dont, à leur passage, ils furent assaillis parlamultitude fanatisée. Trois dentre eux furent condamnés à mort. Avant de lesconduire au supplice, le bourreau leur coupa la langue; ils furent exécutés surla place Maubert.

Cette exécution fut comme le signal de la plus affreuse persécution. Tout cequune police vicieuse possède de subtilités, tout ce que le règne de la terreur aeu de plus odieux, fut dès lors mis en usage par les inquisiteurs; ils dressaientdes liste < de suspects, faisaient des visites domiciliaires, provoquaient des délitspour avoir occasion de les punir, en commettaient eux-mêmes pour en accuserles protestants; de plus, les prédicateurs invitaient ouvertement, dans leurssermons, les catholiques à massacrer. On emprisonnait, sur le plus léger soupçon ;on confisquait et lon vendait à lencan les biens de ceux qui avaient fui lapersécution. « Dans les maisons des protestants fugitifs, il nétait resté que de» petits enfants qui, nayant pu suivre leurs parents dans leur fuite, remplis-» saient les rues et les places publiques de leurs cris : ce qui excitait la compas-» sion de tout le monde. »

Michel de LHospital , ayant été élevé à la fonction de chancelier, arrêta lecours de cette persécution abominable et fit ouvrir les prisons aux détenus pourfait dopinion religieuse. Lédit dArnboise, de mars 1500, dont il fut lauteur,offrit quelque relâche et quelques garanties aux persécutés. Alors les protestantspurent sassembler; ils y furent même autorisés par la reine, à condition queleur réunion ne serait point apparente, et quil ne sy trouverait pas plus devingt personnes. Ce retour à la justice, à la raison, contrariait les projets ducardinal de Lorraine . Bientôt les prédicateurs, ses agents, soufflèrent le feu dufanatisme, firent retentir les églises de Paris de cris séditieux, et, dans leursdéclamations furibondes, ne respectèrent ni le roi ni la reine. Les protestantsfurent de nouveau attaqués et chassés des lieux ils se réunissaient par unejeunesse turbulente et une multitude furieuse. Jamais persécuteurs, toujourspersécutés, et, pour cela même, toujours plus affermis dans leur croyance, dail-leurs tolérés par le gouvernement, ils ne perdirent point courage. Au lieu d'untemple, ils en eurent deux ; luu situé dans la rue Popincourt, et lautre dans le