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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS FRANÇOIS 11.

faubourg Saint-Marcel. Ces établissements nuisaient aux projets ambitieux ducardinal de Lorraine et de sa famille, qui parvint à les détruire encore.

Le 27 décembre 1561, les protestants, au nombre de près de deux mille, as-sistaient au prêche, rue Mouffetard , dans la maison dit Qdu Patriarche, peu dis-tante de léglise de Saint-Médard . Le clergé de cette église, mit en branle toutesses cloches : ce qui produisit un bruit qui les empêchait dentendre leur pré-dicateur. Le ministre du temple envoya deux de ses auditeurs chargés de prierle curé et le sacristain de Saint-Médard de faire cesser cette sonnerie incom-mode. Les envoyés se présentent dans léglise catholique : aussitôt ils sont as-saillis par les familiers de cette paroisse. Un de ces envoyés parvient à séchap-per; lautre, renfermé dans lintérieur et ne pouvant fuir, se défend avec son cou-teau contre des hallebardes ; enfin, il meurt percé de plusieurs coups. Ce meur-tre fut suivi dun tintamarre plus bruyant encore. Le prévôt des marchands, quiassistait au prêche des protestants pour y maintenir lordre, essaya en vain defaire cesser ce bruit. Alors des bandits, des spadassins, assiègent léglise et enbrisent les portes. Les prêtres de Saint-Médard, nayant plus de pierres, arra-chent de leurs niches les statues des saints, et les lancent contre leurs ennemis.Sur ces entrefaites, Gabaston, chevalier du guet, arrive pour arrêter ce tumulte.Il entre dans léglise à cheval, et sa présence, loin dapaiser les combattants, nefait que les irriter davantage. Cinquante de ceux qui défendaient léglise furentdangereusement blessés, et quatorze faits prisonniers. Cependant les clochescontinuaient à sonner le tocsin , et les protestants, craignant quà ce bruit lepeuple de Paris ne se portât en foule contre eux, menacèrent de mettre le feuau clocher. À cette menace, la sonnerie cessa. Les protestants, glorieux de leursuccès, firent une espèce dentrée triomphale dans la ville de Paris . Celte fanfa-ronnade gâta leur cause.

Le lendemain, une multitude de peuple mit le feu au temple, qui devint laproie des flammes. Le parlement, livré au parti des Guise , rejeta tout le tort de cetumulte sur les protestants. Gabaston, qui les avait défendus, et un de ses ar-chers subirent le supplice de la potence. Il restait encore un temple à détruire :celui de Popincourt. Anne de Montmorency , connétable, se chargea de celteexpédition. Deux jours sétaient à peine écoulés depuis l'incendie de la maisondu patriarche, lorsque ce connétable, à la tête dune force armée, savança versle temple de Popincourt, en chassa les ministres, fit brûler la chaire du pré-dicateur et tous les bancs de lauditoire. Le connétable acquit dans cette glo-rieuse expédition le surnom de capitaine lirùle-Bancs.

Les protestants, appuyés par la cour, ou par un des partis qui la divisaient,purent facilement réparer ces pertes. Lédit du mois de janvier 1562 autorisa1 exercice public de leur religion, et leur permit davoir des temples dans lesfaubourgs de la ville. Us rebâtirent celui de Popincourt et vinrent occuper unbâtiment situé au faubourg Saint-Jacques, dans la rue de lÉgout, et au sud duVal-de-Cràce. Ce bâtiment a, pendant longtemps, porté le nom de Temple de Jérusalem . En 1662, ces deux édifices furent de nouveau incendiés par unetioupe dhommes armés, sous la conduite du connétable de Montmorency.

Ces violences du connétable en autorisaie.nl de plus graves. Sans motif,

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