SOCS CHAULES IX.
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jeter les fondements d’un nouvel édifice. Philibert de Lorme et Jean Huilant,architectes célèbres, furent chargés de fournir les plans du palais. Ils présentè-rent le projet d’un bâtiment beaucoup plus vaste que n’est celui d’aujourd'hui;mais ce projet ne fut pas entièrement exécuté. On éleva d’abord le gros pavil-lon placé au centre de la façade. Ce pavillon était couronné par un vaste dômecirculaire dont on a depuis changé la forme.
Les bâtiments latéraux du pavillon du centre présentent, du côté du jardin, àgauche, une terrasse supportée par douze arcades. 11 y avait à droite une ter-rasse semblable qui a été couverte de constructions nouvelles depuis 1830.Cette terrasse en galerie et ce corps de logis ont, à leur extrémité, un pavilloncarré de forte dimension, mais moins élevé que le pavillon du centre. C’està ces deux pavillons que se terminait alors tout l’édifice des Tuileries . Depuis,on a prolongé la ligne de la façade par deux vastes corps de bâtiments, flan-qués, chacun à son extrémité, par un gros pavillon carré. Du côté de la cour,la façade des Tuileries se compose d’une façade régulière ayant trois élages decroisées. Le rez-de-chaussée des deux façades de la partie primitive de cet édi-fice est décoré de colonnes et de pilastres d'ordre ionique en bossages de marbreincrusté. La sculpture y est traitée avec beaucoup de soin et de délicatesse.
i.’hotei, de soissons, dont l’emplacement est aujourd’hui occupé par la Halle-a ux-Blés et par les rues qui l’environnent, doit être décrit à la suite du château des Tuileries . L’emplacement où cet hôtel fut bâti contenait, dans son origineplusieurs établissements, notamment un hôtel de Nesle, qu’il ne faut pas con-fondre avec Thôteldu même nom situé au faubourg Saint-Germaiu, sur le bordde la Seine . Jean II , seigneur de Nesle et châtelain de Bruges , en était posses-seur en 1230; il appartint ensuite à la reine Blanche, qui y mourut en 1252.L’hôtel de Nesle se composait alors, et cent vingt ans après, de deux maisonset d’une grange. Philippe de Valois le céda, en 1327, à Jean de Luxembourg ,coi de Bohême, qui y demeura longtemps. Cette maison reçut pour cela le nomde Bohême ou de Béhaigne. Cet hôtel au quartorzième siècle appartenait au ducde Touraine, depuis nommé duc d’Orléans, qui lui donna son nom, et l’agranditconsidérablement. Cet hôtel, avec ses jardins, était compris entre les rues Co-quillière, d’Orléans , de Grenelle, des Deux-Êcus, dont une partie portait le nomde Traversine, et l’autre celui de la Hache. Enfin en 1572, Catherine de Médicis ht l’acquisition de cet établissement qui fut nommé Yhôtel de la Heine.
Catherine de Médicis y avait fait construire, sur les dessins de Huilant, et dans1 angle d’une cour latérale, une colonne dorique très-élevée. Elle est la seuleconstruction de l’hôtel de Soissons qui soit conservée. On la voit encore ados-sée au bâtiment de la Halle ; elle recèle intérieurement un escalier à vis. Cetteleme y montait avec ses astrologues pour y consulter les astres, et chercherla perspective d’un bonheur que ceux qui régnent avec des crimes ne trouventjamais sur la terre. On voyait sur le fût de cette colonne des couronnes, desfleurs de lis, des cornes d’abondance, des miroirs brisés, des lacs d’amour dé-chirés et des C et des H entrelacés ; signes allégoriques de la viduité de cetterenie. Catherine habita cet hôtel environ quatorze ans, et, le 5 février 1589,Y mourut chargée de dettes. Ses créanciers firent vendre l’hôtel. Charles de