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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

sans ordre, on pillait les maisons des protestants. Ee peuple, en 1563, arrachavingt de ces malheureux des mains de ceux qui les conduisaient en prison, etles massacra. Les protestants ne pouvaient plus se montrer dans les rues de Paris ,sans être insultés, attaqués. On voit quen décembre 1568, le parlement leurordonne, pour éviter les meurtres qui pourraient survenir, de rester dans linté-rieur de leurs maisons, et ne permet quà leurs serviteurs den sortir pour seprocurer les choses nécessaires à la vie.

Le zèle religieux chez ces persécutés étouffait tout sentiment de crainte. En1569, ils se réunirent secrètement, pour célébrer la cène, dans la maison dunriche marchand, nommé Philippe Gastines. La probité de cet homme est attes-tée par lhistorien De Thou . Il fut pris, ainsi que son frère Richard Gastines etson beau-frère Nicolas Croquet. Tous trois furent pendus et étranglés. Leurmaison, située rue Saint-Denis, entre les n os 75 et 77, fut rasée; et, sur sonemplacement, on fit construire une pyramide en forme de croix, chargée dunetable de cuivre sur laquelle étaient inscrits les motifs de leur condamnation.Au mois daoût de Tannée suivante, la paix étant conclue à Saint-Germain entreles protestants et les catholiques, Charles IX ordonna que cette croix fût trans-férée dans le cimetière des Innocents. Trois émeutes populaires éclatèrent àloccasion de cette translation; des pillages, des incendies, des meurtres furentcommis pour sy opposer : les moteurs de ces excès sont clairement désignésdans les registres du parlement on lit quil serait informé contre les prédica-teurs qui ont prêché séditieusement sur ce sujet.

PARIS SOUS CHARLES IX .

Le 5 décembre 1560, Charles IX , âgé de dix ans, succéda à François II , sonfrère. Les commencements de ce règne semblèrent présager une améliorationdans les destinées de la France . Le chancelier de U Hospital, magistrat vénéra-ble, semblait offrir à laction de la justice et à la tranquillité publique une ga-rantie suffisante. Mais il eut à combattre la puissante faction des Guise , et finitpar succomber. Catherine de Médicis , régente, après quelques années dhésita-tion entre lun et lautre parti, se laissa enfin gouverner par le cardinal de Lor­ raine . LHospital , luttant sans cesse contre des projets subversifs de lÉtat, figu-rait à la cour corrompue de Charles IX , comme Sénèque et Burrhus à celle deNéron . Ce chancelier fut forcé dabandonner une cour il ne pouvait plusfaire le bien ; et la France fut encore plongée dans un abîme de maux. Pendantce temps de crimes et de désolation, au milieu de la disette extrême des finances,qui forçait la cour à recourir à des ressources honteuses, cette cour ne retran-cha rien de ses fêtes dispendieuses, ni de cette magnificence en habits et en bâ-timents, qui prête son faux mérite à ceux qui nen ont point de réel.

chateaü des tuilkuies. Jai parlé dune maison, située hors de Paris , etachetée par François I er en 1518. Catherine de Médicis , ne voulant point rester auLouvre, occupé par le roi son fils, et ne pouvant loger au château des Tournelles,dontla démolition était commencée, choisit la maison des Tuileries.-Elle acquitplusieurs bâtiments et terres qui lavoisinaient; et, au mois de mai 1564, elle fit