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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

2ïm:

parti, ordonna à un de ses gentilshommes daller dire au roi ce qni venaitdarriver; et, soutenu par ses domestiques, il se rendit à pied dans son logis.

On entra dans la maison lassassin sétait embusqué, on y trouva larque-buse; mais lassassin appelé Maurevert, lun des gentilshommes du duc de Guise,aussitôt après le coup, avait fui et sétait éloigné de Paris .

A cette nouvelle, le roi, dun air consterné, sécria : PT aurai-je jamais de repos'!quoi! toujours de nouveaux troubles! Il jeta sa raquette par terre, et se retiradans le Louvre. Le duc de Guise sortit du jeu de paume et senfuit par uneautre porte. Le roi de Navarre et le prince de Condé se rendirent aussitôt chezlamiral blessé, et assistèrent à son pansement qui fut très-douloureux. Ils allè-rent ensuite auprès du roi, le prièrent dagréer leur départ, puisque ni euxni leurs amis nétaient en sûreté dans Paris . Catherine venait de dire au roi sontîls : Il faut promettre justice, et garder que personne ne sorte; puis on avisera aureste. Ce roi ainsi endoctriné répondit, en jurant comme à son ordinaire, quilpunirait dune manière si exemplaire les auteurs et complices de cet attentat,que lamiral et ses amis en seraient satisfaits. 11 les pria de ne point quitter lacour, afin dêtre témoin de sa diligence à poursuivre et punir les coupables. Lareine-mère parlait dans le même sens, disait que cétait un grand outrage fait auroi, et que si un tel crime restait impuni, on sen permettrait bientôt de pareils,dans le Louvre, sur la personne du roi et sur la sienne.

Charles IX donna ordre aussitôt au prévôt de Paris de poursuivre les coupa-bles, de faire fermer les portes de cette ville, à lexception de deux; permit àtous les seigneurs et gentilshommes protestants de se loger dans le quartier delamiral, afin quils fussent protégés par les soldats de sa garde; puis, instruitque Coligni avait quelques affaires à lui communiquer, il se rendit, sur les deuxheures après midi, auprès de lui, accompagné de la reine sa mère, de ses frèreset dune nombreuse suite de courtisans. La blessure est pour vous , la douleurest pour moi, lui dit le roi; et, en proférant ses imprécations ordinaires, ilajouta : Jen tirerai une vengeance si terrible, que jamais elle ne seffacera de la mé-moire des hommes, etc. Dans cette visite, il y eut de part et dautre des protesta-tions de dévouement et damitié.

Le 23 août, le roi, la reine, le duc dAnjou, le duc de Nevers , le bâtard dAn-goulème, Riragues, Tavannes, le comte de Retz, tous chefs de lodieuse conspi-ration, tinrent un conseil au Louvre, et discutèrent sur quelques points dexé-cution non encore arrêtés ; Charles IX fit, ce jour-, visiter Coligni par plusieursde ses gentilshommes et par la nouvelle reine de Navarre, sa sœur; fit commen-cer les poursuites contre les assassins, reçut très-froidement en public le duc deGuise, qui vint lui faire des représentations sur la sûreté de sa personne. Ce duccontrefit lhomme piqué, et feignit de sortir de Paris .

Le roi, pour mieux tranquilliser les protestants, employa un autre moyen quiassura leur perte. Sous prétexte de leur donner des gardes pour les garantircontre les projets des Cuise, il envoya dans toutes les hôtelleries ils étaientlogés, des quarteniers chargés décrire les noms et la demeure de chacun deux.Pour paraître protéger le logis de Coligni, il y fit placer des gardes; mais ellesétaient commandées par le sieur de Cosseins, ennemi juré de cel amiral. Peu-