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elle-même ce qu’elle interdisait aux autres. Comme on avait défendu d’établirde nouveaux jeux de paume dans la ville, on en établit dans les faubourgs, etsurtout dans celui de Saint-Marcel. Alors le parlement fit défense, en 1550et 1551, d’en bâtir non-seulement dans la ville mais encore dans les faubourgs.
prisons. Elles étaient nombreuses à Paris : chaque juridiction, chaque sei-gneur, chaque monastère avait la sienne. Voici une notice sur les plus con-nues.
Prison du Louvre. A la fois forteresse, séjour des rois et prison, le Louvre re-célait des souterrains qui servaient de cachots aux prisonniers d’État. La grossetour, bâtie sous Philippe-Auguste , devint une prison d’État. Plusieurs person-nages y furent renfermés. Ce château fort ne cessa d’être prison qu’en 1558,lorsque François I er fit reconstruire le Louvre.
Prison du Grand-Chdtelet. L’ordonnance que Henri VI , roi de France et d’An-gleterre, donna au mois de mai 1425, indique quinze prisons au Châtelet. Dixd’entre elles étaient les moins horribles, puisque les lits y étaient payés pluscher. Voici leurs noms : les Chaînes, Beauvoir, la Moite, la Salle, les Bouche-ries, Beaumont, la Grièche, Beauvais , Barbarie et Glorielle. Les prisonniers ypayaient par nuit quatre deniers pour un lit, et deux deniers pour la place.— Dans la Fosse, le Puits, la Gourdaine , le Ber seuil ou Berceau, les Oubliettes etEntre-deux-huis (portes), les prisonniers ne donnaient qu’un denier par nuit. Al’entrée, pendant le séjour et à la sortie, les prisonniers payaient le geôlage (1).Dans les comptes de la prévôté de Paris , on lit cet article : « Poulie de cuivreservant à la prison de la Fosse du Châtelet. » 11 paraît que les prisonniersétaient descendus dans le cachot dit la Fosse , par une ouverture pratiquée àla voûte du souterrain, comme on descend un seau dans un puits. Peut-êtrecette fosse était-elle celle qu’on nommait Chausses d’hypocras, où les prisonniersavaient les pieds dans l’eau, et ne pouvaient se tenir ni debout ni couchés. Saforme devait être celle d’un cône renversé. On y mourait après quinze joursde détention. Un autre cachot avait reçu le nom de Fin d'aise. L’auteur desPersécutions de l’Église de Paris dit, en parlant d’un des cachots du Châtelet,que Pierre Robert fut « mis au cachot le plus fâcheux, nommé Fin d’aise, plein» d’ordures et de bêtès, et ne cessoit pourtant de chanter psaumes, etc. »
Prison du Petit-Châtelet. Par lettres du 24 décembre 1398, Charles VI ordonnaque les prisons de cette forteresse, située â l’extrémité méridionale du Petit-Pont, serviraient de suppléments à celles du Grand-Châtelet; on les fit exami-ner. 11 se trouva qu’elles étaient sûres et sutlisamment aérées, à l’exception detrois cachots ou Chartres basses,, où les prisonniers, par faute d’air, ne pouvaient
(1) L’ordonnante.que je cite règle les prix d’ehtrée et de sortie, d’après l’état des personnes, ainsiqu’il suit :
liv. sous den.