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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS CHAULES IX.

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la Saint-Barthélemi était avouée sans pudeur. Voici la substance de cette in-scription , daprès l'historien de Thon. Elle portait que « le cardinal de Lor-» raine, au nom du roi très-chrétien Charles IX , rendait grâces à Dieu , et félici-» tait notre saint-père le pape, Grégoire XIII , le sacré collège des cardinaux ,

» etc., des succès étonnants et incroyables quavaient eu les conseils que le Sainl-» Siège avait donnés, les secours qu'il avait envoyés, et les prières que Sa Sainteté» avait ordonnées pour douze ans. » Pour perpétuer la mémoire de ce triomphe,le pape lit même frapper une médaille.

Charles IX , qui navait recueilli de ces massacres que des chagrins, des re-vers , et lindignation de tous les gens de bien, mourut peu de temps après, le30 mai 1574. Avant dexpirer, il éprouva le supplice des remords, qui vint semêler aux douleurs excessives que lui causait sa maladie honteuse. Sa nour-rice, quil aimait beaucoup, quoiquelle fût huguenote, ne le quitta point dansses derniers moments : « Comme elle se fut mise sur un coffre et commençoit à sommeiller, dit lEstoile, elle entendit le roi se plaindre, pleurer et soupirer;

» elle sapproche tout doucement du lit, et tirant la custode ( le rideau), le roi» commença à lui dire, jetant un grand soupir et larmoyant si fort que les san-" glots lui interrompaient la parole : Ah! ma nourrice, ma mie, ma nourrice,

» que de sang et que de meurtres! Ah! que jai suivi un méchant conseil! O mon Dieu , pardonne-les-moi et méfait miséricorde, s'il teplait;je ne sais jen* nuis, tant ils me rendent perplexe et agité. Que deviendra tout ceci ? que ferai-je ? Je suis perdu, je le vois bien. >* La nourrice le rassura par quelques parolesconsolantes, lui donna un nouveau mouchoir, car le sien était tout mouillé deses larmes , ferma le rideau et le laissa reposer.

Ue eardinal de Lorraine , linstigateur direct des massacres, mourut quelquesmois après dans un état de démence et de fureur. Un des résultats les plusnotables de la Saint-Barthélemi fut lextinction de la branche royale des Valois,

Jeux de paume. Cejeu fut accueilli, durant ce siècle, avec une grande fureur.Dans la rue Grenier-Saint-Lazare était un jeu de paume, vers lan 1126, unefemme nommée Margot, âgée de vingt-huit à trente ans, fit admirer son talentPour cejeu : « Elle jouait, dit un écrivain du temps, devant main, derrière main, très-puissamment, très-malicieusement, très-habilement. » II parait qualorsI usage des raquettes nétait pas encore adopté pour ce jeu : on poussait la balleay ec la paume de la main, d lui est venu son nom de jeu de paume; ensuite°n senveloppa la main avec un gantelet de cuir ou dautres matières élasti-ques. Lusage des raquettes ne tarda guère à sintroduire.Le jeu de paume dea rue Grenier-Saint-Lazare nétait pas le seul à Paris au quinzième siècle : il enexistait deux dans la rue de la Poterie-des-llalles, laquelle avait porté le nomde rue Neuve-des-I)eux-Jeux-de-Paume. Ge jeu, après la chasse, la galanterie,les duels, était lexercice le plus habituel des princes et des seigneurs.

Charles V , par son ordonnance du mois de mai 1369, en prohibant plusieursjeux à Paris , prohiba notamment celui de la paume. Ce roi, qui avait défenduce jeu, en fit construire un dans son hôtel de Saint-Paul et dans les dépendancesde 1 hôtel de Beautreillis. Deux jeux de paume étaient établis à lentrée duLouvre, du côté de Saint-Germain-lAuxerrois. On voit que la cour pratiquait