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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DK PARIS

celle de Nesle, située dans lhôtel du même nom; celle du Prévôt des marchands,rue de la Tannerie ; celle, de lévèque de Paris , dite For-lÉvêque, rue Saint-Ger-main-lAuxerrois, n° 6 ; celle de lOfïicialité destinée aux ecclésiastiques, consis-tant en une tour enclose dans les bâtiments dépendant de la cathédrale; celle duchapitre de Notre-Dame , dont on ignore lemplacement; celles du Temple, deSaint-Germain-des-Prés , de Saint-Victor, etc. Les prisons des seigneurs ecclé-siastiques, au nombre de vingt-cinq, étaient toutes reconnues pour légales.Il en existait encore dautres dans Paris , qui ne jouissaient pas de la même pré-rogative, mais que le gouvernement tolérait. Ghaque monastère, même chaquecouvent des ordres mendiants, avait sa prison ; ces prisons monacales étaientnommées Vade in pnce ; cette dénomination indique un éternel adieu.

Ges prisons, aux quinzième et seizième siècles, étaient toujours remplies, àcause des nombreuses arrestations qui se faisaient, sans presque aucune for-malité et très-arbitrairement, et parce que les prisonniers pauvres, quoiqueacquittés, manquant dargent pour payer les frais de gîte et geûlage, conti-nuaient à être détenus. Le parlement, à plusieurs époques, et notamment le 9avril 1540, ordonna aux prévôts et geôliers de faire vendre les biens meublesou immeubles de ces prisonniers, etc., afin den débarrasser les prisons. Lesjuges oubliaient les prisonniers, dès quils nétaient point sollicités pour leurrendre justice ; aussi, en 1564, 1e parlement ordonna-t-il aux geôliers des pri-sons du Châtelet, de Saint-Victor, de Saint-Marcel et de Saint-Germain-des-Prés ,de lui présenter quatre fois par an le rôle des prisonniers qui sy trouvaient.

Au 31 mai 1675, Louis XIV réduisit le nombre des prisons de Paris , et ne con-serva que les suivantes : la Conciergerie du Palais, le Grand et le Petit Châtelet,le For-l'Évêque; celles de Saint-Éloi, de Saint-Martin, de Saint-Germain-des- Prés , jusquà lachèvement des bâtiments du Châtelet; YOfficialité et celle de laVilleneuve-sur-Gravais, pour les enfants en correction.

PARIS SOUS HENRI III .

Henri III succéda, le 30 mai 1574, à son frère Charles IX . Élevé à la mêmeécole, placé dans des circonstances pareilles, dirigé par les mêmes compères,les cours de Rome et dEspagne , et par la maison des Guise , ce roi dut tenir lamême conduite, avoir les mêmes principes. Aussi persécuteur, aussi perfide,aussi superstitieux que son frère, mais moins sanguinaire, il fut plus que luilivré à la débauche, même à la débauche la plus honteuse; il sut comme luiassocier la cruauté et le libertinage à la dévotion. Il était, dit-on, doué duneéloquence acquise ou naturelle, qui le distingua de ses autres frères.

Rome, les Guise et lEspagne ayant établi la ligue contre le parti protestantsHenri III se déclara le chef de cette ligue, et obligea tous les fonctionnairesde son royaume à sy engager par serment; Henri 111 nen fut pas moins trahi,chassé de Paris par les Guise, qui le forcèrent à se jeter dans les bras des pro-testants quil avait tant persécutés. Enfin les Guise le firent assassiner à Saint- Cloud par un moine. Quelque parti, quelque croyance religieuse que le roi eûtembrassés, les ambitieux qui aspiraient au gouvernement de la France eussent