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d’une toise et demie; deux côtés de chacun de ces cachots étaient fermés parles faces à angle droit des murs du couvent ; les deux autres côtés par une cloisoncomposée de gros madriers de chêne, unis entre eux par des liens de fer, letout recouvert en maçonnerie. La seule ouverture par laquelle les vivres et lejour pouvaient momentanément pénétrer dans ce réduit, avait environ un piedet demi de hauteur sur cinq pouces de largeur ; cette ouverture était encadréepar des barres et des plaques de fer, et fermée par une petite porte tout en fer.Le guichet par où l’on introduisait le prisonnier, n’avait pas plus de quatre piedsde hauteur; il était garni d’énormes serrures et de verroux. Dans un de cescachots infects, on voyait encore, lorsqu’on était muni de lumière, un vieuxchâlit. Là séjournèrent, gémirent, et peut-être rendirent le dernier soupir, demalheureuses victimes de la superstition et du despotisme monacal.
Les bâtiments de ce couvent furent démolis en 180!»., époque où l’on ouvrit,sur son emplacement, les rues de Rivoli , Castiglione et Mont-Thabor.
JÉSUITES DE LA RUE SAINT-ANTOINE , aujourd’hui ÉGLISE SAINT-LOUIS-SAINT-paul. Les jésuites qui occupaient le collège dit de Clermont désirèrent avoir unemaison professe à Paris . Le cardinal de Bourbon leur céda, en 1580, l’hôteld’Anville qui communiquait à la rue Saint-Antoine et à celle Saint-Paul.
En 1616, Louis XIII leur accorda un emplacement voisin , où se voyaient lesvestiges des anciens murs de la ville. C’est sur une partie de ce terrain qu’onéleva l’église dont la construction, commencée en 1627, fut achevée en 1641,sur les dessins de Marcel Ange, jésuite lyonnais. On y voyait un bas-relief enbronze, d’après les dessins de Germain Pilon . Deux chapelles étaient ornéeschacune de deux anges en argent et de grandeur naturelle, qui supportaient,l’un le cœur de Louis XIII , l’autre celui de Louis XIV .
Cette église renfermait plusieurs tombeaux remarquables. Nous citerons lasépulture de Henri de Condé , décorée par Sarrasin ; celle de René de Birague ,exécutée par Germain Pilon ; et le monument que Louis-Henri, duc de Bour-bon, fit élever, par Vanclèves, à la gloire de ses ancêtres.
Les jésuites ayant été chassés de France et de presque toute l’Europe, cettemaison fut accordée, en 1767, aux chanoines réguliers de la Culture-Sainte-Ca-therine , qui furent supprimés en 1790. Après la démolition de l’église Saint-Paul , le culte de ce saint a été transféré dans l’église Saint-Louis, qui reçutalors le titre de Saint-Louis-Saint-Paul , et qui est devenue la troisième succur-sale de l'église Notre-Dame . Dans la maison de ces jésuites fut pendant long-temps placée la bibliothèque de la Ville, qu’on a, en 1817, transférée à l’Hôtel-de-Ville. Enfin c’est dans celte maison qu’est établi le collège dit de Charlemagne .
les feuillants, monastère situé rue Saint-Honoré, en face de la place Ven-dôme. Jean de La Barrière, abbé des Feuillants, dans le diocèse de Rieux , vint,en 1583, prêcher devant Henri III , qui, charmé de son éloquence, finit par l’ap-peler à Paris . Cet abbé rangea ses soixante-deux religieux en deux colonnes,se mit à leur tête et vint, du diocèse de Rieux, en procession jusqu’à Paris ;et tous, chantant l’office, firent leur entrée dans cette ville, le 9 juillet 1587.L’Estoile parle ainsi de leur arrivée : « Venue des Feuillants à Paris , espèce de» moines aussi inutiles que les autres, »