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Leur église, dont Henri IV posa en 1601 la première pierre, était vaste, et futbâtie en 1676, d’après les dessins de François Mansard .
L’enclos du couvent des Feuillants occupait l’espace qui se trouve entre la rueSaint-Honoré et la terrasse du jardin des Tuileries , qu’on nomme encore Ter-rasse des Feuillants. Les bâtiments des Feuillants furent démolis en 1804, etfirent place à la belle rue de Rivoli .
fontaine de birague, située rue Saint-Antoine, en face du collège de Char lemagne , sur un terrain appelé le Cimetière des Anglais. Construite par René de Birague , en 1519, elle fut rebâtie d’abord en 1629 et puis en 1707; malgréles changements qu’elle éprouva, elle n’a pas cessé de porter le nom de Birague .
théâtre de la passion. Ce théâtre se soutint avec distinction sous le règnede François 1 er . Ce roi lui accorda, en 1518, la confirmation de ses privilèges.En 1540, les confrères, forcés de quitter l’hôpital de la Trinité, vinrent s’établirdans l’hôtel de Flandre, situé entre les rues Plâtrière, Coq-Héron , des Vieux-Augustins et Coquillière. Ce fut dans ce nouveau local qu’ils firent jouer, entreautres mystères, celui de l’Ancien Testament. De fortes licences , qui probable-ment se faisaient remarquer dans cette pièce, déterminèrent le parlement deParis à en suspendre la représentation. Des lettres patentes du roi les ayantautorisés à continuer leur spectacle, le parlement rendit un arrêt par lequel ilprescrivitaux comédiens « d’en user bien et dûment, sans y user d’aucune fraude,» ni interposer choses prophanes, lascives et ridicules. » Cet arrêt contientquelques articles réglementaires, que voici : « Pour l’entrée du théâtre, ils ne» prendront que deux sous par personne; pour le louage de chaque loge, durant» ledit mystère, que trente escus : n’y sera procédé qu’à jours de festes non so-» lennelles; commenceront à une heure après midi, finiront à cinq; feront en» sorte qu’il ne s’ensuive ni scandale ni tumulte ; et, à cause que le peuple sera» distrait du service divin, et cela diminuera les aumônes, ils bailleront aux» pauvres la somme de dix livres tournois, sauf à ordonner plus grande somme. »
Après la démolition de l’hôtel de Flandre, en 1548, les confrères s’établirentdans l’hôtel de Bourgogne ; ils crurent devoir alors demander au parlement laconfirmation de leurs privilèges. Cette cour confirma et autorisa leur spectacleà cette condition remarquable, qui change entièrement son caractère originel :» Il est défendu aux confrères de jouer les mystères de la passion de Nostre» Sauveur, ni autres mystères sacrés, sur peine d’amende arbitraire ; leur per-® mettant, néanmoins, dé pouvoir jouer autres mystères prophanes, honnestes» et licites , sans offenser ni injurier aucunes personnes; et défend ladite cour ,® à tous autres, de représenter dorénavant aucuns jeux ou mystères, tant en la» ville, faubourgs et banlieue de Paris , sinon que sous le nom de ladite confrérie» et au profit d’icelle. »
Comme il n’était plus permis aux confrères, ni à ceux qui les remplaçaientsur leur théâtre, de puiser dans l 'Ancien et le Nouveau Testament la matière deleurs drames, ils exploitèrent une autre carrière; et les vieux romans de cheva'lerie furent pour eux une mine féconde. On voit qu’en 1557, ils jouaient lluonde Bordeaux . Cette pièce, commencée depuis quelques mois, fut, on ne saitpourquoi, interdite par une ordonnance du prévôt de Paris . Alors les confrères