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HISTOIRE ÜE PARIS
formées, au dehors de l’enceinte, par les dépôts successifs de gravois et immon-dices de cette ville. Du côté du nord, l’enceinte, en quelques parties, étaitauparavant entourée d’un double fossé : on en creusa un seul plus profond ; seizemille prisonniers y travaillèrent.
On fit abattre, dans la même année, la Porte aux Peintres , située dans la rueSaint-Denis, porte qui appartenait à l’enceinte de Philippe-Auguste. — En 154-1,l’approche de l’armée impériale détermina le gouvernement à fortifier de nouveauParis . On y travailla avec ardeur.—En 1552, les habitants firent encore quelquesfortifications du côté des portes Saint-Denis et Saint-Martin : quoique toutes lesconstructions, réparations et creusement de fossés, se fisssent à leurs frais, ilsétaient néanmoins obligés d'obtenir, avant de les entreprendre, la permission duroi. — En 1566, on commença à étendre l’enceinte de Paris du côté de l’ouest,et l’on y comprit le jardin des Tuileries . Cette partie d’enceinte fut nommée Bou-levard des Tuileries. L’extrémité occidentale de ce jardin fut fermée par un largebastion, qui a subsisté longtemps. Entre ce bastion et la Seine , on établit dans lasuite une porte appelée de la Conférence. Ces constructions s’exécutèrent avecbeaucoup de lenteur. L’ancienne enceinte, qui se trouvait entre les châteaux duLouvre et des Tuileries , continua de subsister.
Le faubourg Saint-Germain, depuis les guerres du quinzième siècle, étaitpresque entièrement ruiné. En 1540, on commença à le rebâtir, et, en 154-4, àpaver quelques-unes de ses rues. Ces améliorations commencées par l’abbé deTournon , furent poursuivies par le cardinal de Bourbon, abbé de Saint-Germain- des-Prés , vers 1578.
Un groupe de maisons s’était élevé au delà de l’enceinte nord de Paris , et for-mait un hameau appelé Villeneuve. Ce hameau étant plus considérable, on per-mit, en 1552, aux habitants d’y avoir une église, laquelle fut remplacée par cellequ’on nomme aujourd’hui Notre-Dame -de-Bonnes-ISoiivelles.
Sous le règne de François I er , plusieurs églises de Paris furent rebâties, plu-sieurs rues pavées, plusieurs fontaines réparées; et, pour la première fois, onconstruisit le quai du Louvre. — Sous Henri II , le vieux Louvre, déjà commencé,fut achevé : on édifia le château des Tuileries et l’hôtel de Soissons. — Enfin,dans la Cité, sur l’emplacement appelé la Ceinture Saint-Eloi, plusieurs ruesfurent ouvertes et des maisons construites.
Divers événements apportèrent des changements dans quelques autres partiesde Paris . En 1536, le tonnerre ruina la tour de Billy. En 1563, l’Arsenal presquetout entier fut détruit par l’explosion de quinze à vingt milliers de poudre qu’ilcontenait. — En 1547, le pont Saint-Michel s’écroula. En 1564, le palais des Tour-nelles fut démoli. — En 1572, on s’occupa à construire le quai des Bons-Hommes,au bas de Chaillot.
Les environs du Louvre étant couverts de bâtiments, et le bourg Saint- Germain des-Prés reconstruit et peuplé, on sentit la nécessité d’établir sur lapartie de la Seine qui sépare ces deux quartiers de Paris , un moyen de commu-nication : on plaça d’abord un bac sur cette rivière, puis on se décida à y bâtirun pont. Le 31 mai 1578, Henri III posa la première pierre de ce pont : ontravailla sans relâche à cet ouvrage, sous la direction d’André du Cerceau, archi-