311
tecte célèbre. Mais les événements politiques firent abandonner bientôt après lestravaux ; on ne les reprit que sous le règne de Henri IV .
ÉTAT CIVIL ET ADMINISTRATIF DE PARIS .
Le parlement de Paris exerçait la haute police sur cette ville et sur colles deson vaste aarondissement. — Le prévôt de Paris exécutait avec ses archers lesordres du roi et les arrêts du parlement. — Le prévôt des marchands présidaità tout ce qui concerne la défense et le commerce, et exerçait nolamment lapolice sur la rivière et sur les ports. — Quatre échevins et le procureur du roi,le greffier, le receveur, présides par le prévôt des marchands, composaient lebureau de la ville, auquel étaient adjoints vingt-six conseillers, et, de plus, dixsergents, qui exécutaient leurs arrêtés. — Seize quarteniers, quatre cinqunnte-niers et deux cent cinquante-six dizainiers commandaient la garde bourgeoise deParis. —Trois compagnies d’archers, arbalétriers, arquebusiers, étaient com-mandées par les prévôts de Paris et des marchands : en 1550, on donna à cescompagnies un capitaine-général. — Le guet qui servait à la garde de la ville ,se composait du guet royal , formé d’un certain nombre d’hommes, à pied et àcheval, qui faisaient la ronde dans les rues; et du guet assis , formé de bourgeoisou artisans, que l’on plaçait en divers quartiers, de manière à ce qu’ils pussentse prêter un mutuel secours. — Ces deux espèces de guets étaient commandéspar un seul capitaine, qualifié de Chevalier du Gmt. Un gouverneur de Paris etde la province de f Ile-de-France , lieutenant du roi, brochant sur le tout, avaitle commandement de toute la force armée. 11 est remarquable que, pendant cettepériode, plusieurs de ces gouverneurs militaires étaient des archevêques et descardinaux.
L’état militaire de Paris , outre la garde bourgeoise et les deux guets, pouvaitôtre renforcé par les archers de la ville, les sergents du Châtelet, les gardes dela connétablie, et notamment par les compagnies des arquebusiers et des arba-létriers, dont j’ai parlé.
Ces diverses institutions, destinées à maintenir l’ordre public , étaient entra-vées dans leur action les unes par les autres, et surtout par cette multitude dejustices seigneuriales, dont chacune avait son tribunal, ses prisons, ses ser-gents, ses gardes ou ses archers. Le Temple, le monastère Saint - Martin,1 abbaye Saint-Germain-dcs-Prés, Sainte-Geneviève , etc.; les chanoines de Notre- Dame , la justice épiscopale, l’efficiallté, et en outre le bailliage du Palais, laconnétablie, l’amirauté, la chambre des comptes, la cour des aides, la courdes monnaies, le Châtelet, etc. , avaient aussi leur juridiction et leurs officiers.Mais ces institutions, surabondantes, inutiles, ne servaient qu’à compliquer1 action administrative : leur attribution , vaguement limitée, donnait naissancea une infinité d’entreprises des unes sur les autres, à d’interminables et ridi-cules conflits de juridiction , à de continuelles querelles de préséance.
Aussi Paris fut-il presque continuellement en proie au brigandage, aux sédi-tions, aux abus les plus intolérables. En 1525, une bande de voleurs, appelésmauvais garçons, troupe de gens masqués, exerçait dans cette ville, même en