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plein jour, des pillages que les autorités ne pouvaient réprimer; elle volait lesbateaux sur la rivière, battait le guet, et, pendant la nuit, se retirait hors deParis avec son butin. A ces brigands se joignaient, dans le même temps, desaventuriers français , des bandes corses et italiennes, qui désolaient la ville etses environs. Ces troupes, mal payées, vivaient de vols et de meurtres, et lesgendarmes du comte de Saint-Paul les imitaient. Ce ne fut qu’après qu’ils eurentfait des ravages énormes qu’on parvint à s’en débarrasser.
Au mois de mai 1525, on donna une nouvelle organisation au guet de Paris .On recommanda aux Parisiens de placer des lanternes allumées devant leurs mai-sons, comme on avait fait l’année précédente ; et l’on établit un lieutenant-cri-minel de robe courte, chargé de juger les personnes prises en flagrant délit.
En 1548, la route d’Orléans, la plus fréquentée de toutes celles qui partaientde Paris , était infestée par des voleurs, qui se retiraient dans les profondescarrières du faubourg Notre-Dame-des-Champs et Saint-Jacques : le parlement,au mois de mai de cette année , ordonna aux habitants de ce faubourg d’établirun guet. Remède inutile. Ce ne fut qu’en 1563 que de nouvelles plaintes à ce sujetdéterminèrent cette cour à faire clore l’entrée de ces carrières pendant la nuit etles jours de fêtes.
Les magistrats étaient d’ailleurs dépourvus de moyens pour maintenir l’ordretant au dedans de Paris qu’au dehors de cette ville-
Le 4 juillet 1548, les écoliers se portèrent en armes contre l’abbaye Saint- Germain-des-Prés , l’assiégèrent, firent des brèches aux murailles du grandclos et des jardins, et brisèrent les arbres fruitiers, les treilles, etc. ; ils firentde pareils dégâts dans la ferme de cette abbaye et même dans quelques maisonsvoisines, bâties sur le Petit-Pré-aux-Clercs, dont ils se prétendaient proprié-taires. Il paraît que l’abbé et quelques particuliers avaient envahi plusieursparties de ce pré. Aucune force publique ne se présenta pour arrêter l’élan decette jeunesse turbulente qui, pendant plusieurs jours, dévasta les propriétésde l’abbaye entière, se relira, comme en triomphe, chargée de branches d’ar-bres. Le parlement ordonna, le 9 juillet, qu’il serait fait des informations.Celte mesure n’empêcha pas les écoliers de se porter en janvier 1549 et enmai 1550, sur les bâtiments de Saint-Germain-des-Prés , et d’y renouveler chaquefois leurs dévastations : on ne leur opposa que des menaces.
Les habitants du faubourg Saint-Marcel, d’un côté, et ceux des faubourgsSaint-Jacques et Notre-Dame-des-Champs, de l’autre, étaient entre eux dansun état de guerre continuelle. Ils se battaient, se mutilaient, rompaient les clô-tures, ravageaient les propriétés. Le parlement n’a d’autres moyens à opposerque de défendre, le 11 octobre 1552, les rassemblements, et de faire planterquatre potences dans le faubourg Saint-Marcel, et deux autres dans les fau-bourgs Saint-Jacques et Notre-Dame-des-Champs.
Mais ce n’étaient pas les seuls perturbateurs. « Ce fut inutilement que le par-» lement, par sonarrêtde mars 1551, (1552), défendit àtous les habitants, varlets» de boutiques, clercs du Palais et du Châtelet, pages et laquais, et à tous» gens de métier, de porter bastons , espées, pistollez, courtes dagues, poi-» gnards, à peine de punition corporelle. » Les désordres continuèrent. En