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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS HENRI III .

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juillet 1553, le parlement renouvela les mômes défenses, et ajouta celle de fron-der devant les Augustins, cest-à-dire de lancer des pierres avec la fronde. Cettecour, toujours menaçante, toujours paralysée, rendit, le 7 mars 1553 (1554),contre les clercs de procureurs, palfreniers, laquais et autres serviteurs, unarrêt qui leur défendit de sattrouper, de porter des armes, sous peine de la hart,et ordonnait au bailli de faire planter deux potences dans la cour du Palais , les contrevenants seront pendus sans figure de procès.

Tous ces moyens comminatoires, inspirés par l'impuissance, ne produisirentaucun résultat. Charles IX se vit enfin obligé, par un édit de janvier 1572, decréer un bureau de police. Mais ce bureau contrariait les attributions des autrestribunaux, blessait des intérêts, des amours-propres ; le roi, lannée suivante,supprima donc le bureau de police : il chargea le prévôt de Paris et son lieute-nant, le prévôt des marchands, du soin de maintenir la tranquillité publique,qui continua à être troublée comme auparavant. Ainsi, pendant cette période, laville de Paris , sans cesse agitée par des soldats indisciplinés, par des vagabondset des voleurs, par des pages et laquais, par des ouvriers et garçons de bouti-que , par les écoliers et leurs régents, puis par des prédicateurs et les dissensionspolitiques et religieuses, fut, au dehors comme au dedans de son enceinte, dansun état continuel de guerre et dalarmes.

population. Elle se composait, à Paris , de nobles, de gentilshommes, do-mestiques, pages, laquais, etc., suivant la cour ; de prêtres, de dignitaires, des-servants, moines, etc. ; dofficiers de justice, présidents, conseillers, avocats dur °i, avocats, procureurs, solliciteurs, huissiers; enfin de professeurs, écoliersmédecins, chirurgiens, libraires, tous membres de lUniversité. Il serait difficilede déterminer le nombre de ces diverses classes de la population.

Quant à certains offices, louvrage de Nicolas Froumenteau nous offre quel-ques données. Il nous apprend que, sous Louis XII , il nexistait dans le diocèsede Paris que quarante-huit à quarante-neuf huissiers ou sergents ; et quen 1580,upoque il écrivait, il sen trouvait plus de trois cents. Le nombre des no-taires , sous Louis XII , se montait, dans le même diocèse, à vingt-cinq ou trente ;e t, sous le règne de Henri III , ce nombre avait plus que quadruplé. Le nombredes avocats était, sous ce dernier règne, dix fois plus grand que sous celui deLouis XII . Cet accroissement extraordinaire, opéré dans lespace denvironsoixante ans, est à deux causes principales. Les rois de cette période, tou-jours assaillis par le besoin des finances, trouvèrent une ressource extraordi-oaire dans la vente des offices : ils en créèrent un très-grand nombre pour enretirer plus de profit. Dautre part, en 1560, aux états dOrléans , il fut défenduaux prêtres dexercer les fonctions de notaire, fonctions que depuis longtempsds avaient envahies. Cette défense, qui multipliait les travaux des notaires laï-ques , dut aussi en multiplier le nombre.

La partie industrielle de la population de Paris était divisée en six corps deMarchands ou métiers. Ce nombre varia : sous Louis XII , il était de cinq; sousFrançois I er , il fut porté à sept : les changeurs , les drapiers , les épiciers, les mer-°iers, les pelletiers, les bonnetiers , les orfèvres. Les changeurs, qui, ancienne-ment, habitaient les maisons bâties sur le Pont-au-Change, réduits à un très-

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