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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS HENRI III .

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d'honorables exceptions. La plupart des ecclésiastiques étaient fermiers ouseulement commis du titulaire des bénéfices quils desservaient; ne recevantquune faible partie de leurs revenus, ils étaient obligés , pour vivre, de recou-rir à ces impostures appelées fraudes pieuses. Cétaient des reliques découvertes,des miracles nouveaux, de nouvelles fêtes de saints qui attiraient des offran-des; cétaient des confréries, des bénédictions multipliées. Us vendaient auxcroyants le privilège demporter chez eux, et de garder pendant une annéeentière, telle ou telle relique qui portait bonheur, etc. Ils faisaient argent detout : aucune cérémonie religieuse nétait gratuite. Cest à ces misérables, quepar dérision on nommait Custodinos, quon attribue ces scènes nocturnes quiont donné lieu à tant de contes ridicules; ces apparitions de gens qui ressus-citaient pour effrayer les vivants et les engager à porter de largent aux prêtres,afin quils dissent des prières et des messes, ou pour engager leurs parents àléguer quelques biens à lÉglise, ce quils avaient négligé de faire en mourant.On sait que les Cordeliers dOrléans, convaincus dune pareille fourberie, en fu-rent exemplairement punis. Enfin ces prêtres exploitaient le plus habilementquils pouvaient la crédulité des faibles et des ignorants.

Les prêtres les plus instruits, les curés, les prédicateurs de Paris , pensionnairesde la cour d'Espagne , organes de sa politique ambitieuse et de ses fureurs fana-tiques, prêchaient le trouble, la sédition, le meurtre. Presque jamais, pen-dant cette période calomnieuse, des paroles de paix ne sont sorties de leurbouche; jamais la douce morale de lÉvangile ne futrecommandée par cesfurieux. Ils ne faisaient consister la religion que dans quelques jeûnes, quelquesabstinences de chair; que dans des offrandes et surtout dans les fréquentes etnombreuses processions dont jai parlé.

On croyait beaucoup , avant les règnes des Valois, aux revenants, aux démons,aux possessions, aux sorciers, aux divinations, aux présages, aux noueursdaiguillettes, aux enchantements , aux volts , aux prédictions ; mais Catherine de Médicis , infatuée de ces misérables croyances, les propagea par son exemplee t par la faveur quelle accordait aux magiciens et aux astrologues : elle enamena même dItalie à Paris . Parmi ces imposteurs, se distinguaient CosmeRuggieri, qui, accusé davoir fabriqué une image de cire pour le seigneur de LaMole, dans le dessein de captiver en sa faveur le cœur dune princesse (la reineMarguerite), ou de faire mourir le roi Charles IX , fut, en 1574, arrêté et con-damné aux galères par arrêt du parlement. Catherine , alarmée pour le sort deson cher compatriote, écrivit au procureur-général de cette cour, parvint à sous-traire Ruggieri au supplice quil devait subir; et, pour le dédommager des peinesde sa prison, elle lui donna labbaye de Saint-Mahé en Bretagne .

René Benoît, curé de Saint-Eustache à Paris , crut nécessaire de publier,en 1579, un traité sur les maléfices, sortilèges et enchanleries, tant de ligaturese t nœuds desguillettes, pour empêcher l'action du mariage, qu'autres, etc.,d écrit au chapitre II : « Nous sommes à présent tant affligés et inquiétés des

» sorciers et autres personnages diaboliques et ministres de Satan.» Leur

nombre était si considérable, en effet, que lEstoile dit : « Du temps de Char-» les IX, celte vermine étoit parvenue à Paris à une telle impunité, quil y en