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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

noblesse : ainsi, en 1575 , la ville de Paris , autorisée par le roi, tint une assem-blée dans la grande salle de lHôtel-de-Ville, et, après de mûres délibérations,rédigea des remontrances, se trouvent ces passages : « Quant à létat de» lÉglise , la simonie y est publiquement et si impudemment soufferte, que lon» ne rougit point dintenter un procès et actions pour lentretennement des con-» ventions simoniales et illicites... Les bénéfices ecclésiastiques sont à présent» tenus et possédés par femmes et gentilshommes mariés , lesquels emploient» les revenus à leur profit particulier, et ne font aucunement célébrer le service» divin , frustrant en cela lintention de lÉglise et des fondateurs, et nexerçant» aucune charité envers les pauvres... Les évéques et curés ne résident sur leurs» bénéfices et évêchés, ainsi délaissent et abandonnent leur pauvre troupeau à la» gueuls du loup, sans aucune pasture ou instruction... et sont les ecclésia-» stiques si extrêmement débordés en luxure, avarice et autres vices, que le» scandale en est public. »

De pareilles plaintes se trouvent reproduites dans une infinité de monumentshistoriques. Les évêques , partout accusés dorgueil, de vanité , sadonnaient àla guerre, ne soccupaient que de chevaux, de chiens et doiseaux de chasse, etse livraient à toutes sortes de débauches. Ce qui est remarquable, et ce quiprouve les défauts de linstitution, cest que les vices que Grégoire de Tours et saint Boniface reprochaient aux évêques gaulois des septième et huitièmesiècles, et tous ceux quon leur a reprochés depuis, sont les mêmes dont ils sesont entachés au seizième.

Les habitants de Paris copiaient aussi exactement quils le pouvaient lesmœurs de la cour ; ils imitaient, pour la plupart, sa dévotion, ses pratiquessuperstitieuses et magiques, ses débauches, son luxe et ses autres immoralités.Nulle législation fixée ; un mélange confus des lois romaines et des coutumesbarbares, des ordonnances de circonstance, incohérentes, souvent contradic-toires ; le tout mis à exécution avec une lenteur et une mollesse favorables auxcrimes, par des gens incapables, mal payés et faciles à corrompre. La seuledigue à opposer au torrent de la corruption , la religion , telle quelle était alorsenseignée , autorisait plutôt les désordres des passions quelle ne les prévenait.Des expiations commodes tranquillisaient les coupables sur les châtimentsfuturs , et bannissaient de leurs pensées jusquaux remords.

Toutes les parties de ladministration étaient dans le plus grand désordre.« En ce temps, dit lÉstoile (en 1578), tous les états de France se vendoient au» plus offrant, principalement de la justice, qui étoit la cause que Y on reven-du doit en détail ce que lon avoit acheté en gros, et quon épiçoit si bien les sen-» tences aux pauvres parties, quelles navoient garde de pourrir. Mais ce qui* étoit le plus abominable étoit la cabale des matières bénéficiales : la plupart» des bénéfices étoient tenus par femmes et gentilshommes mariés, auxquels» ils étoient conférés pour récompense, jusquaux enfants auxquels les bénéfices» se trouvoient le plus souvent affectés avant quils fussent nés, en sorte quils» venoient au monde crossés et mitrés. »

Le bas clergé était alors fort ignorant et très-peu réglé dans ses mœurs ; jeparle en général, car il est toujours, môme dans les temps les plus désordonnés,