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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LA DOMINATION DE LA LIGUE.

» faisoient éteindre au lieu ils alloient, renversant la lumière contre bas, disant' je ne sais quelles paroles que des sorciers leur avoient apprises. »

Pendant que les prédicateurs épuisaient toutes les ressources de leur géniepour inspirer de lhorreur contre le roi, que des prêtres employaient la magiepour le faire périr, et que le Conseil des Seize continuait à piller les maisons des 1personnes riches qui nétaierit point de leur parti, le duc de Nemours et le ducde Mayenne arrivèrent à Paris , le premier échappé de sa prison de Blois , et lesecond venu de Lyon , il séjournait pendant quon massacrait ses frères. Cedernier, nommé Charles de Lorraine , duc de Mayenne, fut déclaré chef de laLigue ou de la sainte union.

Voici quels furent à Paris les établissements de ce gouvernement.

ÉTABLISSEMENTS PENDANT LA LIGUE.

conseil des seize. Il siégeait à THôtel-de-Ville. Ce conseil, si fameux danslhistoire de la Ligue , ne fut dabord composé que de cinq membres : Compan,Crucé, La Chapelle, Louchard et Bussi-Leclerc, choisi par les Guise pour dirigerles cinq quartiers. Quelques mois après lévasion du roi, les ligueurs repri-rent lancienne division de cette ville en seize quartiers. Chaque quartier eutalors son chef : ces chefs formaient le Conseil des Seize. Le lieu des séances,dabord incertain, ne fut fixé quaprès la fuite de Henri III : alors il sidentifiaavec le corps municipal. Après lassassinat des Guise à Blois , ce Conseil créa, le24 décembre 1588, le duc dAumale gouverneur de Paris . Au mois de mars 1589,le Conseil des Seize établit, dans chacun des seize quartiers de Paris , un conseilcomposé de neuf personnes chargées de veiller à la tranquillité et à la sûreté deleurs quartiers respectifs.

Après la mort du cardinal de Bourbon, prisonnier, quon avait nommé roi,sous le nom de Charles X , le Conseil des Seize sadressa au pape et au roi dEs-P a gne pour leur demander un roi qui fût ligueur : cette demande, qui contrariaitles prétentions du duc de Mayenne , devint pour lui un nouveau motif de mécon-tentement. Le 4 décembre 1581, il fit arrêter les membres de ce Conseil. Cetteassemblée, réduite à douze personnes, vit, après ces violences, son autorité et saconsidération saffaiblir ; il ne volait plus que dune aile, disait-on alors. Il subsistacependant jusquà lentrée de Henri IV à Paris ,

CONSEIL GÉNÉRAL DE LA SAINTE-UNION OU DES QUARANTE. Ce Conseil siégeait à l-tel-de-Ville . Créé par le Conseil des Seize, il fut composé de quarante personnesdes (rois états, la noblesse, le clergé et le tiers-état, toutes élues par le peuple deParis . Ce conseil figurait, en petite proportion, les états-généraux ou une repré-Se ntation nationale. Sa première séance se tint, et ses règlements et attributionsforent délibérés le 17 février 1589.

Ce conseil, composé de magistrats ligueurs, de militaires, dévêques, de curéset des plus fougueux prédicateurs du temps, avait, dans ses attributions, la cor-rcspondancc avec les vdles dévouées à la Ligue et la direction des affaires desprovinces ligueuses. Ce conseil, de sa propre autorité, conféra le titre de lieute-n< mt-général de lÉtat royal et. couronne de France au duc de Mayenne , qui, en