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cotte qualité, vint, le 13 mars 1580, prêter son serment au parlement métis.Peu façonné aux institutions populaires et à la dépendance d’un conseil où sesvolontés étaient quelquefois contrariées, ce duc, pour y augmenter son influence,se permit d’y introduire quatorze nouveaux membres qui lui étaient dévoués.11 y ajouta ensuite quelques autres personnes. Au mois de novembre 1590,mécontent de ce conseil général de l’Union, il l'abolit, bien qu’il lui dût son exis-tence politique.
confrérie bu cordon et du saint-nom de jésus. Cette confrérie, établie dansl’église Saint-Gervais, était un véritable club de ligueurs fanatiques. Son règle-ment, imprimé en 1590, porte en substance que les confréries doivent jurer devivre dans la foi catholique, dans l’obéissance au cardinal de Rourbon, prétenduroi de France , nommé Charles X , et à son lieutenant le duc de Mayenne , de nejamais reconnaître aucun roi hérétique, notamment Henri de Rourbon, roi deNavarre, relaps, excommunié par le pape, et de s’opposer à toute trêve et à touttraité de paix conclus avec | ce prince.
confrérie ou concrégation du chapelet, établie à Paris , dans la maison desJésuites de la rue Saint-Jacques. Chaque confrère était tenu de porter autourde son cou un chapelet, et d’en réciter journellement les prières. Les Seize deParis , l’ambassadeur d’Espagne et les membres de la congrégation se réunissaient,tous les dimanches, dans une chapelle haute de la maison des Jésuites : là, se pro-nonçait un discours propre à maintenir le public dans un état d’exaltation fana-tique. Après ce discours, le peuple était congédié, et les chefs, parmi lesquelsfigurait le curé Pigenat, discutaient sur les affaires de la sainte Ligue. Le papeprodigua aux confrères les trésors inépuisables de ses indulgences : il les gratifiade neuf-vingt mille ans et neuf-vingt mille quarantaines d’indulgences, et de la ré-mission de tous leurs péchés au moment de leur mort.
ASSASSINAT DE HENRI III . SIÈGE DE PARIS.
Les actes sanguinaires de Rlois devinrent funestes à Henri III . 11 crut, en fai-sant égorger les Guise, accroître son autorité; il la ruina au point qu’il se vitréduit à se jeter dans les bras de ceux contre lesquels il avait, quelques moisauparavant, juré de faire une guerre d’extermination, et à implorer le secoursde son beau-frère, le roi de Navarre. Le 30 avril 1589, les deux rois eurent leurpremière entrevue au Plessis-lès-Tours : leur empressement fut mêlé de larmes.Ayant réuni leurs forces, ces princes, après ces diverses expéditions, marchèrent,vers la fin de juillet, contre Paris , et campèrent dans les environs de cette villequi fut étroitement cernée de toutes parts. Henri III prit son logis à Saint-Cloud ,en la maison de Gondi.
Le 29 juillet, le duc de Mayenne , les sieurs de La Cliastre, deVilleroi et autres,délibéraient sur le parti qu’ils avaient à prendre, lorsqu'un nommé Rourgoing,prieur des Jacobins de Paris , s'y présenta, et dit qu’un des frères de son couvent,nommé Jacques Clément , jeune homme dévot et visionnaire, persuadé que desanges descendaient du ciel pour venir à son secours, ou qu’au moins il obtien-drait la palme du martyre, avait pris la ferme résolution de sacrifier sa vie en