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qui s’élevaient à l’aplomb des piles laissaient un espace vague et ordinairementrempli d’immondices. Sur ces espaces furent bâties vingt loges ou boutiques enpierres de taille qui décorent et vivifient ce pont.
château-gaillard, situé vers l’extrémi!é méridionale du Pont-Neuf, sur lequai Conti, au bord de la Seine , et à l’endroit où est aujourd'hui la voûte souslaquelle on passe pour descendre à l’abreuvoir. Il présentait une constructionisolée, munie d’une tour ronde, et fut démoli sous le règne de Louis XIV .
rue, place et porte daupuixe, etc. La construction du Pont-Neuf entraîna,dans les parties aboutissantes, plusieurs changements heureux. On combla lesbras de la Seine qui séparaient ces îlots l’un de l’autre, et les séparaient de T îlede la Cité. On éleva le terrain à la hauteur de la route du pont : on le revêtit desmurs de terrasse, et l’on construisit en même temps les quais de l’Horloge etdes Orfèvres, qui viennent aboutir au milieu du Pont-Neuf et au môle où s’élèvela statue équestre d’Henri IV. Ces quais furent bordés de maisons, et l’espacetriangulaire qui se trouvait entre elles servit à former la place Dauphine. A l’ex-trémité septentrionale du Pont-Neuf , on reconstruisit une grande partie des quaisde l’École et de la Mégisserie : on élargit la place des Trois-Maries, place qu’onvoulut nommer du Pont-Neuf ; mais la routine triomphe delà volonté des magis-trats. Le nom des Trois-Maries, dû à l’enseigne d’un marchand, lui fut conservé.A l’extrémité méridionale, on reconstruisit les quais de Conti et des Augustins;mais, au lieu d’un débouché ou d’une vaste avenue au Pont-Neuf , se présentaitde ce côté une masse de bâtiments, de cours, de jardins, un hôtel ou collège,toutes propriétés religieuses. Il fallut, à travers tous ces obstacles, ouvrir une ruedans la direction du Pont-Neuf .
Ce fut en 1607 que cette rue fut ouverte : elle avait alors cinq toises de largeur,était bordée de murs, et couverte en deux endroits, à son entrée du q£tédu Pont-Neuf , dé deux arcades qui établissaient la communication entre lecouvent des Augustins et les bâtiments situés de l’autre côté de la rue, et quidépendaient de ce couvent. La ligne de cette rue, qui est une prolongation del’axe du Pont-Neuf , aboutissait à la muraille delà ville, indiquée par la rueContrescarpe. Là on ouvrit une porte appelée porte Dauphine. Elle a subsistéjusqu’en 1673, époque de sa démolition. Le nom de Dauphine fut donnée à cetterue, à cette porte et à la place dont il a été fait mention, à l’occasion de la nais-sance du fils de Henri IV . Cette rue et cette place reçurent, en 1792, le nom deThionville , en mémoire de la résistance que les habitants de la ville de ce nomopposèrent aux ennemis des Français . En 1814, on leur restitua leur anciennom.
pont- aux—meuniers. Le 22 décembre 1596, à six heures du soir, le Pont-aux-Meuniers fut entraîné par la violence des eaux. Ce pont était en bois, etpresque à chaque arche on avait attaché un bateau à moulin. Il était chargé demaisons habitées : hommes et biens, tout périt. On évalua le nombre des per-sonnes qui perdirent la vie à cent cinquante. « On remarqua, dit l’Estoile, que» la plupart de ceux qui périrent en ce déluge étoient tous gens riches, aisés,» mais enrichis d’usures et de pillages de la Saint-Rarthélemi et de la Ligue. Le» lendemain, les gens du roi dirent à la cour du Parlement qu’ils ne savoient