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SOUS HENRI IV .petit hôpital qui fut reconstruit en 1607, aussi à l’occasion de la peste dont jeviens de parler dans l’article précédent. Cet hôpital a servi par la suite et pendantlongtemps de lieu de convalescence pour les malades de l’Hôlel-Dieu ; mais, denos jours, les bâtiments, assez vastes, et son clos, entouré de hautes murailles,sont devenus ceux d’une ferme appartenant à l’Hôlel-Dieu.
manufacture DE TAFis, façon DE PERSE, établie en 1607, ou maison de laSavonnerie, située quai deBiily,n° 30. Henri IV favorisâtes manufactures : il fondades établissements de ce genre dans les galeries du Louvre et dans les bâtimentsde la Place-Royale. Il favorisa pareillement la fabrique de tapis façon de Perse.Réorganisé parle ministre Colbert , cet établissement était presque abandonné,lorsqu’en 1713 le duc d’Antin fit réparer les bâtiments, et lui rendit son activité.En 1828, cette manufacture a été réunie aux Gobelins.
pont-neuf. Depuis longtemps on avait senti la nécessité d’une communica-tion facile entre les quartiers de la Ville, de la Cité et du faubourg Saint-Ger-main. Henri III , en 1578, sous la conduite de son architecte, Jacques Androuet du Cerceau , entreprit la construction de ce pont. Voici comment l'Estoile parlede cette entreprise : « En ce même mois (de mai), les eaux de la Seine étant» fort basses, fut commencé le Pont-Neuf , de pierres de taille, qui conduit de1 Nesle à l’école de Saint-Germain (l Auxerrois), sous l’ordonnance du jeune du» Cerceau, architecte du roi..., et furent, en ce même an, les quatre piles du» canal de la Seine , Huant entre le quai des Augustins et file du Palais, levées» environ une toise chacune par-dessus le rez-de-chaussée. Les deniers furent» pris sur le peuple..., et disoit-on que la toise de l’ouvrage coûtoit 85 livres. »Les troubles civils empêchèrent la continuation de cet ouvrage. Vers l’an 1602,Henri IV fit reprendre les travaux de ce pont : ils furent dirigés par C. Marchand,et étaient fort avancés le 20 juin 1603, époque où ce roi voulut y passer malgréles dangers qu’il avait à courix’. « Le vendredi, 20 de ce mois, le roi passa du» quai des Augustins au Louvre par-dessus le Pont-Neuf , qui n’étoit pas encore
* trop assuré, et où il y avoit peu de personnes qui s’y hasardassent. Quelques-» uns, pour en faire l’essai, s’étoient rompu leçon, et tombés dans la ri-
* vière; ce que l’on remontra à Sa Majesté, laquelle fit réponse, à ce qu’on dit,
* qu’il n’y avoit pas un de tous ceux-là qui fût roi comme lui. » On pouvait, en1604, passer sans danger sur ce pont, dont la route ne fut achevée qu’en1607 (t). Pour établir la communication de ce pont avec file de la Cité, on pro-longea la pointe occidentale de cette île; et cette prolongation divisa le Pont- Neuf en deux parties.
Ce pont est orné, sur ses deux faces, d’une corniche très-saillante qui règnedans toute sa longueur et est supportée par des consoles entforme de masques desatyres, de sylvains et de dryades d’un beau caractère. On croit que quelques-unes sont l’ouvrage de Germain Pilon . En 1775, on fit de grandes et utilesréparations à ce pont. On abaissa et l’on rétrécit les trottoirs : les demi-lunes
tèt * on ® ueur tota l e es t de 229 mètres 41 centimètres, ou 708 pieds de roi; sa largeur entre leses est de 23 mètres 10 centimètres. Le diamètre moyen des arcs, dans la partie méridionale duPont, est de 12 mètres 48 centimètres, et dans la partie septentrionale de 17 mètres 34 centimètres.