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le roi posa la première pierre de leur église, et voulut qu’elle portât le titre deNotre-Dame-des-Victoires , en mémoire des (ristes succès qu’il avait obtenus surles Français protestants. En 1656, ces augustins entreprirent de reconstruireleur chapelle sur un plan plus vaste. Mais ils avaient trop présumé de leursressources. Les travaux n’en furent repris qu’en 1737, et terminés qu'en 1740:la précédente église servit de sacristie à la nouvelle.
Cet édifice fut élevé sur les dessins de Cartaud. L’intérieur est d’une bellesimplicité. On y voit de beaux tableaux de Carie Yanloo, de La Grenée jeune, etc.;une statue de saint Augustin, par Pigalle; les tombeaux du marquis et de lamarquise de L’Hôpital. Frère Fiacre , moine de cette maison et considéré commeun saint, fut inhumé dans cette église. Ce frère fut si révéré après sa mort, quela gravure de son portrait était collée sur toutes les voitures de place comme unpréservatif de malheur. C’est de cette superstition qu’est venu le nom de fiacre,que portent encore les voitures de place à quatre roues. Ce saint Fiacre prédit,dit-on, à Anne d’Autriche , épouse de Louis XIII , qu’elle aurait un fils : en con-sidération de cette prophétie, qui ne tarda pas à s’accomplir, cette reine fit vœude faire construire dans cette église une chapelle à Notre-Dame -de-Savone . Ellene tint pas sa promesse; mais son fils Louis XIV , sous le ministère de Colbert ,accomplit ce vœu.
La bibliothèque, composée de bons livres et d’une collection presque com-plète de tous les journaux, était, ainsi que le réfectoire et la grande galerie,ornée de tableaux de Lafosse, de Louis Boullongne, de Galloche et de Rigaud.A côté de la bibliothèque se trouvait le cabinet d’antiquités, composé d’objetsprécieux, d’une collection de médailles et de médaillons, et orné de tableauxdes plus grands maîtres.
Les augustins, dont le couvent, par l’accroissement de Paris , se trouva bientôtplacé au centre d’un quartier populeux, devinrent très-riches : ils vendaient jus-qu’à mille livres la toise carrée des parties de leur enclos, sur lesquelles on élevades maisons. Les richesses corrompirent leurs mœurs et les plongèrent dans uneextrême dissolution.
Supprimés en 1790, leurs bâtiments furent conservés; l’église servit de local àla Bourse de Paris. En 1802, elle fut choisie pour être la première succursale dela paroisse Saint-Eustache , sous le titre de Nolre-Dame-des-Victoires. Les bâti-ments du couvent viennent d’être démolis.
barnabites , couvent situé dans la Cité, place du Palais-de-Justice. Des reli-gieux de ce nom, favorisés par Louis XIII , s’étaient, dès le mois de mars 1622,établis en France . Henri de Gondy, évêque de Paris , appela, en 1629, des barna-bites à Paris : ceux-ci allèrent se loger d’abord rue d’Enfer, puis au Marais ;enfin, en 1631, l’archevêque de Paris , malgré la vive opposition que firent lecuré de Saint-Eustache et tous les curés de paroisses de la Cité, les mit en pos-session du prieuré de Saint-Eloi, dont j’ai parlé. Les barbanites furent supprimésen 1790 : les bâtiments de leur église, bâtie par Cartaud, et ceux du couvent ontservi, depuis 1814, de dépôt à la comptabilité générale du royaume.
séminaire de saint- NicoLAs-DU-CHARDONNET, situé près de l’église de ce nom,rue Saint-Victor. Adrien Bourgoin, dans le dessein de tenir des conférences pour