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Lorsque Bonaparte eut envahi le pouvoir, le palais du Luxembourg fut destinéd’abord aux séances des consuls, et reçut le nom de Palais du Consulat ; et peude temps après, en 1800, celui de Palais du Sénat Conservateur. Ce sénat y tintses séances jusqu’en 1814, époque où une nouvelle constitution remplaça le sénatpar la Chambre des pairs . Dès lors une nouvelle table de marbre, placée sur laporte principale, indiqua que l'édifice du Luxembourg portait le nom de Palais dela Chambre des Pairs .
Les deux ailes de bâtiment qui forment les parties latérales de la cour renfer-ment, comme je l’ai dit, l’une l’escalier, et l’autre la galerie des tableaux. Ontrouve à l’extrémité supérieure de cet escalier la salle des Gardes, puis celledes Garçons de service, où l’on remarque une belle figure en marbre, représen-tant Hercule couché, ouvrage du célèbre Pujet; une statue d’Épaminondas , parI)uret; une autre de Miltiade , par Boisot; et une troisième représentant Persée,vainqueur de la Gorgone. — Vient ensuite la salle des Messagers d’Elal, ornée dela statue d’IIarpocrate, dieu du silence, et de celle de la Prudence ; puis la salledu Conseil et celle de la Réunion, salles très-richement décorées de tableaux, dontl’un représentait la figure en pied de Louis XVIII , et d’autres plusieurs allégoriessur ses aïeux et sur son retour en France . Le plafond, peint par Barthélemi,offre aussi des sujets allégoriques. — Cette salle mène à l’ancienne salle desSéances, placée au centre du principal corps de bâtiment, au lieu où étaient lacage de l’ancien escalier et la chapelle. Elle fut établie et décorée dans lesannées 1803-1804. Son plan est un hémicycle. Elle est décorée de vingt-sixcolonnes d’ordre corinthien; leurs entre-colonnements, à droite et à gauche dutrône, sont occupés par les statues de Solon , Péri clés, Cincinnatus , Scipion, Catond’Utique, Lycurgue , Cicéron , Léonidas, Aristide, Phocion , Démosthène et Camille,presque tous ennemis de la tyrannie, tous ardents amis de leur patrie et de saliberté. Ils furent placés là sans doute pour rappeler leurs exemples à ceux quiont siégé ou siègent dans cette enceinte.
I)e cette salle, très-riche par ses ornements, on arrive à la salle du Trône, quine l’est pas moins. Dans les derniers travaux exécutés au Luxembourg , on abâti une nouvelle salle des Séances, plus vaste que la précédente. La voûte decette salle présente quatre pendentifs peints par M. A. de Pujol. Les trois grandsmédaillons et les six compartiments des fenêtres où l’on voit la Prudence , laVérité et la Confiance, et les six plus illustrés législateurs de l’antiquité, sontl’ouvrage de M. Vauchelet. De chaque côté de l’hémicycle il y a des sujets allé-goriques exécutés par M. Blondel. Près du centre de la voûte, il y a les portraitsde Charles V , Louis XII , François I er , Louis XIV , Napoléon et Louis XVIII . Plu-sieurs cadres ont leurs murs décorés de peintures par MM. L. Boulanger, Bresner*et Roqueplan . A la bibliothèque on remarque l’importante composition de M. E.Delacroix , Y Elysée des grands hommes. Enfin la chapelle vient aussi d’être res-taurée avec luxe. J’omets la galerie sur le jardin, les salles des quatre Pureaux,le salon de lecture, pour m’arrêter à la salle du Livre-d’Or. Cette salle est remar-quable par les peintures restaurées des boiseries qui ornaient les appartementsde Marie de Médicis . Ces peintures sont des médaillons offrant plusieurs sujetsmythologiques. Cette salle, très-digne d’exciter la curiosité des artistes et l’ad-