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tourée de bâtiments; et son plan présente un parallélogramme dont la plus grandedimension a soixante toises,, et la moindre cinquante.
La grande entrée est en face de la rue de Tournon ; de ce côté la façade pré-sente à ses extrémités deux pavillons ; et au milieu, au-dessus de la porte, s’élève,sur un corps avancé, un dôme circulaire orné de statues dans les entre-colonne-ments. Ce dôme, qui produit un effet pittoresque, est en parfaite harmonie avecles autres parties de l'édifice. De chaque côté de ce dôme, deux terrasses, sup-portées dans l’origine par des murs massifs, et qui depuis ont à droite et à gauche«té percées par quatre arcades, servent à communiquer du dôme aux deux pavil-lons de cette façade.
Celle du jardin, outre deux pavillons en saillie, plus forts que ceux de la façadequi vient d’être décrite, offre au centre un corps avancé, décoré de colonnes etde statues exécutées par M. Pradier. Cette façade a été ajoutée, avec les deuxgros pavillons qui l’accompagnent, dans ces dernières années. Les travaux, com-mencés en 1837 et achevés en 1842, ont été dirigés par M. Gisors , qui s’est con-formé tout à fait au style du premier architecte, de Brosses.
La façade du côté de la cour diffère peu de celle du jardin. Aux deux porteslatérales on voit, dans des impostes, les bustes de Marie de Médicis et de Henri IV ;au-dessus, l’avant-corps est décoré de quatre statues colossales, du temps de Marie de Médicis . Le bas-relief du fronton circulaire, représentant la Victoire couron-nant le buste d’un héros, est l’ouvrage de Duné. La cour est formée par le prin-cipal corps de logis dont je viens de décrire les façades, par deux ailes de bâtimentsse terminant aux pavillons qui s’élèvent aux deux extrémités de la principaleentrée, et enfin par les bâtiments de cette entrée.
Dans l’aile qui occupe le côté oriental de la cour est la galerie des tableaux,dont je vais bientôt parler; l’aile opposée contient aussi une galerie de tableaux,et, de plus, le magnifique escalier par lequel on monte à la salle de la Chambre des pairs . Cet escalier, majestueux par son étendue, riche par sa décoration, pré-sente plusieurs statues d’hommes illustres par les services qu’ils ont rendus à leurpatrie.
Ce palais, bâti à grands frais par Marie de Mécicis, qui n’en avait pas besoin etqui ne l’habita que peu de temps, devait porter son nom ; mais cette reine l’ayantlégué à Gaston de France , duc d’Orléans, son second fils, celui-ci voulut le fairenommer Palais d’Orléans. Il appartint ensuite à Louise d’Orléans, duchesse deMontpensier, à Élisabeth d’Orléans, duchesse de Guise et d’Alençon , et enfin auroi Louis XIV . Cet édifice, négligé par ces différents propriétaires, eut besoinde grandes réparations, qui furent faites de 1733 à 1736. Louis XVI le donna,en 1779, à son frère, Monsieur, qui a régné sous le nom de Louis XVIII . —Pen-dant le régime de la terreur, il fut converti en maison d’arrêt. — Sous le régimede la constitution de l’an iv, en 1795, il devint le lieu des séances du Directoire et la demeure des cinq directeurs, qui habitaient plus particulièrement l’hôtelcontigu, appelé YHôtel du Pelil-Luxembourg. — En 1798, le palais du Luxem bourg fut entièrement ragréé, et plusieurs réparations y furent faites. On con-struisit à l’ouest et sur la ligne de la façade, du côté du jardin, un corps de bâti-ment qui depuis fut démoli.