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L’ancien parterre était bordé de deux murs de terrasse, qui présentaient, àleur surface supérieure, de petits bassins, placés à distances égales et commu-niquant entre eux par des rigoles. Chaque bassin était percé pour laisser pas-sage à un jet d’eau. Les terrasses qui bordaient ces murs étaient plantées d’ifset de buis. Au centre du parterre, on voyait une pièce d’eau octogone, dumilieu de laquelle s’élevait un triton qui tenait dans ses bras un poisson marinqui lançait un jet d’eau.
Ce parterre, en 1801, fut entièrement changé. Des talus en gazon succédèrentau double mur de terrasse qui le bordait. Il fut élargi considérablementpar deux espaces demi-circulaires, établis sur les deux côtés. Au milieu onplaça une pièce d’eau plus étendue que l’ancienne. Le parterre se terminait ducôté méridional par un vaste escalier composé de dix marches, et orné de sta-tues. Tous ces ouvrages furent exécutés sur les dessins de M. Chalgrin . — Dansles années de 1810 et 1811, ce parterre éprouva encore de notables et heureuxchangements sous la direction de l’architecte Baraguey. Le sol fut baissé et ni-velé de manière à ce que le parterre et l’avenue de l’Observatoire fussent sur lamôme ligne de pente. Le grand bassin fut alors refait et on lui donna des pro-portions plus considérables. Enfin, quand on a refait la façade postérieure dupalais, ce parterre a été diminué, sans qu’on modifiât cependant sa dis-position.
A l’extrémité méridionale du parterre, des balustrades en ouvrent l’entrée àceux qui descendent par l’avenue. Elles se raccordent avec les talus de gazon quien garnissent les parties latérales.
L’ancien jardin avait été dessiné par Jacques de Brosses, architecte du palais;il construisit aussi, à l’extrémité orientale de l’allée contiguë à la façade dupalais, une fontaine, remarquable par ses bossages et ses congélations multi-pliées. Cette fontaine était dans un état déplorable et tombait en ruine. En 1802,elle fut entièrement restaurée. Les deux figures placées au-dessus du fronton,qui représentent un fleuve et une naïade, furent refaites, ainsi que leurs acces-soires. On n’avait, de mémoire d’homme, jamais vu cette fontaine donner del’eau ; on lui a procuré cet avantage : au-dessus des rocailles où elle coule, on aplacé une statue de naïade sortant du bain. Elle vient d’être encore réparéedans cette dernière année.
La partie supérieure des talus qui entourent le parterre est ornée de vases,de statues en marbre : quelques-unes antiques, restaurées, quelques autressculptées d’après l’antique, d’autres enfin ont été exécutées par des sculpteursde notre époque.
Depuis on a fait disparaîlre, du côté de l’est, une orangerie, et du côté del’ouest, quelques bâtiments communiquant avec l’hôtel dit le Petit-Luxembourg.On a établi sur la rue de Vaugirard une grille d’entrée, des plantations en quin-conce, une fontaine élégante, décorée d’une statue en marbre, et un rosariumclos de treillages. Ces derniers travaux, ainsi que quelques autres, ont été exé-cutés sur les dessins de M. Baraguey, architecte de la Chambre des pairs . Uneautre grille vient d’être disposée le long de la rue de Vaugirard, jusqu’à l’autremur occidental du jardin.