399
I)u temps de la régence du duc d’Orléans, le palais et le jardin du Luxem bourg furent le théâtre le plus ordinaire des plaisirs ou plutôt des débauches dela duchesse de Berry, fille du régent. Dans les Mémoires de Duclos, on lit le faitsuivant : « La duchesse de Berry...., pour passer les nuits d'été, dans le jardin« du Luxembourg, avec une liberté qui avait plus besoin de complices que de« témoins, en fit murer toutes les portes, à l’exception de la principale, dont« l’entrée se fermait et s’ouvrait suivant l’occasion. »
La ligne méridienne de l’Observatoire traverse le jardin du Luxembourg et sedirige sur l’angle ouest du pavillon qui forme l’extrémité de la façade du palaisdu côté du jardin, de sorte que l’axe de la grande avenue incline un peu à l’est,et forme au point d’intersection avec la ligne méridienne un angle très-obtus.
petit-luxem bourg, situé rue de Yaugirard, à l’ouest, et contigu au palais du Luxembourg . Il fut commencé vers l’an 1629, par ordre du cardinal deRichelieu, qui l’habita en attendant que le Palais-Royal fût construit. Lorsqu’ilvint occuper ce dernier palais, il donna à la duchesse d’Aguillon, sa nièce, lePetit-Luxembourg, qui passa, à titre d’hérédité, à Henri-Jules de Bourbon-Condé .Après sa mort, la princesse Anne, palatine de Bavière , y demeura, et y fit exé-cuter des réparations et accroissements considérables. Elle fit construire, del’autre côté de la rue de Yaugirard, pour ses officiers, pour ses cuisines et ses«curies, un hôtel qui communique au Petit-Luxembourg par un passage sou-terrain pratiqué sous la rue. Cet hôtel, habité par des princes de la maison deRourbon-Condé, reçut aussi le nom de Petit-Bourbon.
Le Petit-Luxembourg fut le siège du gouvernement directorial : quatre desdirecteurs l’habitaient; le cinquième logeait dans le grand palais; les directeursY ont demeuré depuis vendémiaire an iv (octobre 1796), jusqu’au 20 brumairean vu (U novembre 1799). — En 1812 et 1813, on a démoli des bâtiments quiformaient la communication entre le Grand et le Petit-Luxembourg; et, dans1 intervalle, on a établi, comme je l’ai dit, une plantation en quinconce, et sur larue de Vaugirard une longue grille en fer. Depuis 1830, on a établi une commu-nication nouvelle entre les deux palais, par un jardin dessiné à l’anglaise.
aqueduc d’arcueil. Il fallait des eaux pour les besoins et l’agrément du palaiset des jardins du Luxembourg , où Marie de Médicis avait résolu de prodiguertoute espèce de magnificence. Il n’existait d’ailleurs encore aucune fontaine danslt> partie méridionale de Paris .
Réjà, sous Henri IV , cette disette d’eau et les vestiges de l’aqueduc bâti dutemps des Romains, avaient fait penser à son rétablissement. Sully ordonna, en*609, de rechercher les traces de cet aqueduc; mais la mort de Henri IY arrêtaI exécution de ce projet.
Hugues Crosnier, en 1612, fit ensuite la proposition de conduire à Paris 30pouces d’eau (1), 18 pour le roi et 12 pour la ville. L’entreprise fut adjugée, lefi octobre 1612, à Jean Coing, maître maçon de Paris . Le 17 juillet 1613, le roiLouis XIII et la régente, sa mère, posèrent, avec de fastueuses cérémonies, la
(•) On appelle pouce d'eau la quantité qui s'écoule par un orifice d’un pouce superficiel. Commecet orifice contient 1H lignes carrées, le pouce d’eau se divise en ili parties appelées lignes.