SOUS LOUIS X1TT. 401
année entière au fond de la mer. On l’en retira à grands frais, et on le transportaà Paris .
On fit un piédestal en marbre, et on y éleva le cheval, en attendant le cavalierqui devait le monter. De là vint que le peuple, accoutumé à voir ce cheval seul,prit l’habitude, même lorsqu’il fut surmonté par la figure de Henri IV , de nom-mer l’ensemble du monument le cheval de bronze. Le piédestal fut élevé sur lesdessins de Civoli. Aux quatre angles on plaça des statues assez mesquines, quifiguraient des vaincus garrottés. Les quatre bas-reliefs de ce piédestal représen-taient les batailles d’Arques et d’Ivry, l’entrée de Henri IV à Paris , la prised’Amiens et celle de Montmélian . Les figures du piédestal et les bas-reliefsétaient de Francheville. La figure de Henri IV fut exécutée par Dupré. Il étaitreprésenté la tête nue, le corps tout entier couvert d’une armure à la française,tenant d’une main la bride de son cheval, et de l’autre le bâton de commande-ment. Dans une des inscriptions dont le piédestal était chargé, on lisait le nom deRichelieu, qui avait, en 1635, fait terminer cet ouvrage.
Pendant les divisions qui, en 1788, agitaient la cour et les parlements, la tètede Henri IV fut couronnée de fleurs et de rubans. Dans les premiers jours de larévolution, en 1789, on plaça sur l’oreille de cette statue la cocarde nationale.Pendant les journées des 15, 16 et 17 juillet 1790, on disposa devant le piédestalUne vaste décoration représentant un rocher, sur lequel la statue équestre de ceroi semblait élevée ; et, pendant les soirées de ces journées, on exécuta des con-certs, des chants et des danses. Aucun hommage ne fut rendu aux statues desautres rois. Dans un moment d’alarme et de besoin de métal pour fabriquer descanons, dans un moment où l’armée du roi de Prusse s’avançait sur Paris au moisd août 1792, on renversa dans cette ville toutes les statues des rois, et celle deHenri IV ne fut pas même exempte de la proscription. Une nouvelle statuecquestre de ce roi a été rétablie, en 1817, à la même place.
cours-la-reine, situé le long de la rive droite de la Seine , dont il est aujour-d’hui séparé par la route de Versailles . Il commence à la place Louis XV, et setermine à l’allée-des-Veuves et au quai de Billy. Marie de Médicis fit, en 1616,tracer et planter ce cours de quatre rangs d’arbres. Cette promenade, destinéepour la reine et pour sa cour qui venaient fréquemment la parcourir à cheval eten carrosse, fermée aux extrémités par des grilles, et à ses côtés par des fossés,était souvent interdite au public. Il n’existait point encore à Paris d’autre pro-menade régulièrement plantée. Les arbres de ce cours furent arrachés, et l’onen substitua de nouveanx en 1723.
pont-aü-ciiange. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1621, le feu ayant pris auPeut Marchand, presque attenant au Pont-au-Change, les flammes, poussées parUn vent d’ouest, atteignirent ce dernier pont, et dans moins de trois heures leréduisirent en cendres. Les débris de ces ponts interceptaient le cours de laSeine . Le parlement en ordonna le déblaiement. Cette cour autorisa des quêtesPour subvenir aux besoins des incendiés ; car ces deux ponts étaient bordés demaisons habitées.
t 0n ne commença à reconstruire le Pont-au-Change qu’en 1639, et on ne1 acheva entièrement qu’en 1647 ; il fut bâti en pierre et bordé de maisons. Ce
51