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HISTOIRE DE PARIS
pont, à son extrémité septentrionale, avait deux entrées formées par un groupetriangulaire de maisons : la façade de l’un de ces groupes de maisons était ornéed’un groupe de trois ligures ronde-bosse en bronze sur un fond de marbre noir,représentant Louis XIII , Anne d’Autriche son épouse, et leur fils Louis XLV,âgé de dix ans. Il était l’ouvrage de Simon Guillain . Au-dessous de ces figures sevoyait un bas-relief représentant deux esclaves, ouvrage d’un beau style. En1788, Louis XVI , par son édit d’emprunt de 30 millions, affecta la somme de1,200,000 livres à l’acquisition et démolition des maisons dont ce pont était engrande partie couvert, et les fit démolir.
pont saint-michel , dont j’ai déjà parlé. Dans la nuit du 30 janvier 1616, aprèsun froid extrêmement rigoureux, survint un dégel et un débordement d’eau etde glaçons, qui emporta la partie du pont Saint-Michel du côté d’amont, dé-truisit les maisons dont il était chargé, et causa une perte considérable à ceuxqui les habitaient. Ce qui restait du pont Saint-Michel tomba au mois de juilletsuivant ; il fut alors rebâti et bordé de trente-deux maisons. Un édit du roi, donnéen septembre 1786, portait que les maisons élevées sur les ponts de Paris seraientabattues. Cet édit ne reçut son exécution, à l’égard du pont Saint-Michel , qu’en1808 et 1809. Les trente-deux maisons de ce pont furent abattues; la routefut élargie, et sa pente, trop roide, beaucoup adoucie. On abattit pareillementdes maisons élevées sur le bord de la Seine , vers la partie méridionale de cepont, qui, du côté du quai des Augustins, formaient une petite rue appelée ruede Hurepoix. A l'extrémité septentrionale de ce pont était pareillement unesuite de maisons élevées sur la rive droite de la Seine , qui formaient, avec lesmaisons qui bordent aujourd’hui le quai des Orfèvres, une rue appelée Saint-Louis. Cette rue n’existe plus ; le quai fut élargi et les abords du pont devinrentbeaucoup plus faciles. Par ces réparations, les quartiers situés aux deux extré-mités de ce pont, quartiers autrefois obscurs et hideux, ont été embellis, éclairéset assainis.
pont-babbieu, situé à l’endroit du quai Voltaire où la rue de Beaune vient yaboutir. Depuis longtemps on communiquait du Pré-aux-Clercs aux Tuileries parun bac qui traversait la Seine , bac qui a donné son nom à un chemin, ensuite àla rue appelée du Bac. En 1632, le sieur Barbier, qui possédait un clos à l’ouestde ce chemin, construisit sur la rivière un pont en bois. Ce pont fut nomméP ont-Barbier, du nom de son entrepreneur; Pont Sainte-Anne, de celui de lareine Anne d’Autriche ; et des Tuileries , parce qu’il y aboutissait. On le nommaaussi Pont-Rouge , parce qu’on le peignit de cette couleur. Il a existé jusqu’au20 février 1684, époque où il fut entièrement emporté. Ce pont se composait dedix arches ; au milieu de sa longueur était placée une construction en bois, bâtiesur pilotis, qui paraît avoir servi à une machine hydraulique. On lui substituadans la suite un pont en pierre appelé Pont-Royal.
palais be la cité. Dans la nuit du 5 au 6 mars 1618, le feu prit à la char-pente de la grand’salle du Palais. Les pièces de bois enflammées tombèrent surles boutiques placées dans cette salle. L’incendie, favorisé par un vent du midi,fit des progrès rapides; la grand’salle, la première chambre des enquêtes, leparquet des huissiers, les salles des requêtes de l’hôtel, du greffe, du trésor, etc.,