Buch 
Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
Entstehung
Seite
403
JPEG-Download
 

SOUS LOUIS XIII . 403

furent détruits, et plusieurs registres du parlement brûlés ou perdus. La fameusetable de marbre, siège d'un tribunal de ce nom, sur laquelle les rois donnaientles festins dans de grandes solennités, et les clercs de la Basoche jouaient leursfarces, ainsi que les statues des rois Francs qui décoraient cette grande salle,furent brisées. On employa pour arrêter les ravages du feu tous les moyens alorsen usage, des seaux de cuir, de la paille mouillée, etc. On ne connaissait pointencore lusage des pompes à incendie. On soccupa bientôt après de réparer cesdestructions. Jacques de Brosses, architecte, en fut chargé. La grandsalle futreconstruite sur ses dessins, et terminée en 1622. Jai donné sa description auxarticles Parlement et Palais de Justice.

île saint-loüis , la seconde des îles de la Seine que lon rencontre en entrantdans Paris par le cours de cette rivière. Elle portait autrefois le nom dile Notre- Dame , parce quelle appartenait à léglise de ce nom, comme je lai dit ci-des-sus. Cette île était encore divisée en deux parties par un fossé qui servait auxfortifications de la ville, lorsque Henri IV forma le projet dy faire bâtir desmaisons et den former un quartier de Paris . Ce projet ne fut exécuté que sousle règne de son successeur. En 1614, Louis XIII acquit cette île du chapitre deNotre-Dame , et Christophe-Marie, entrepreneur général des ponts de France ,fut chargé de toute lentreprise. Il prit lengagement de joindre les deux îlesen remplissant le canal qui les divisait, de les revêtir, dans lespace de dix ans,de quais en pierre de taille, dy ouvrir des rues larges de quatre toises, dyconstruire des ponts qui communiqueraient à la ville, à condition quil y établi-rait un jeu de paume, une maison de bains, et que, pendant soixante ans,lui et ses héritiers percevraient sur chaque maison 12 deniers de cens, avecdroits de lods et ventes. Après ce terme, ce droit seigneurial devait revenirau roi.

Les travaux, commencés en 1614, se continuaient avec activité, lorsqu'on1616 le chapitre de Notre-Dame y mit opposition, et les interrompit. Enfin, en1618, un arrêt du conseil décida que le marché fait avec le sieur Marie seraitexécuté, et que, pour dédommager le chapitre du droit de propriété, il lui se-rait payé 1,200 livres de rente sur le domaine de la ville ; que les droits de cen-s *ve, lods et ventes, après les soixante années de jouissance par le sieur Marieet ses héritiers, reviendraient à ce chapitre ; de plus, que le terrain situé à lestde léglise Notre-Dame , autrefois nommé la Motte-aux-Papelards, serait revêtud un mur en pierre de taille. Ces difficultés levées, les travaux furent repris;mais ils furent longtemps suspendus encore par les oppositions toujours renais-santes du chapitre de Notre-Dame . Enfin, les propriétaires de lile, mécontentsdes entrepreneurs, demandèrent au roi, et obtinrent, en 1643, dêtre subrogésaux droits de Marie et des associés, soffrant dachever dans trois ans les pontset les quais qui restaient à construire, de payer les 50,000 livres promises auchapitre, de donner une pareille somme pour faire entourer de murailles le ter-rain ou la Motte-aux-Papelards, afin de remplir tous les engagements imposésaux précédents entrepreneurs. Ce fut un nommé Hébert, propriétaire de mai-sons dans lîle, qui, associé aux autres propriétaires, en acheva, en 1647, toutesles constructions.