furent détruits, et plusieurs registres du parlement brûlés ou perdus. La fameusetable de marbre, siège d'un tribunal de ce nom, sur laquelle les rois donnaientles festins dans de grandes solennités, et les clercs de la Basoche jouaient leursfarces, ainsi que les statues des rois Francs qui décoraient cette grande salle,furent brisées. On employa pour arrêter les ravages du feu tous les moyens alorsen usage, des seaux de cuir, de la paille mouillée, etc. On ne connaissait pointencore l’usage des pompes à incendie. On s’occupa bientôt après de réparer cesdestructions. Jacques de Brosses, architecte, en fut chargé. La grand’salle futreconstruite sur ses dessins, et terminée en 1622. J’ai donné sa description auxarticles Parlement et Palais de Justice.
île saint-loüis , la seconde des îles de la Seine que l’on rencontre en entrantdans Paris par le cours de cette rivière. Elle portait autrefois le nom d’ile Notre- Dame , parce quelle appartenait à l’église de ce nom, comme je l’ai dit ci-des-sus. Cette île était encore divisée en deux parties par un fossé qui servait auxfortifications de la ville, lorsque Henri IV forma le projet d’y faire bâtir desmaisons et d’en former un quartier de Paris . Ce projet ne fut exécuté que sousle règne de son successeur. En 1614, Louis XIII acquit cette île du chapitre deNotre-Dame , et Christophe-Marie, entrepreneur général des ponts de France ,fut chargé de toute l’entreprise. Il prit l’engagement de joindre les deux îlesen remplissant le canal qui les divisait, de les revêtir, dans l’espace de dix ans,de quais en pierre de taille, d’y ouvrir des rues larges de quatre toises, d’yconstruire des ponts qui communiqueraient à la ville, à condition qu’il y établi-rait un jeu de paume, une maison de bains, et que, pendant soixante ans,lui et ses héritiers percevraient sur chaque maison 12 deniers de cens, avecdroits de lods et ventes. Après ce terme, ce droit seigneurial devait revenirau roi.
Les travaux, commencés en 1614, se continuaient avec activité, lorsqu'on1616 le chapitre de Notre-Dame y mit opposition, et les interrompit. Enfin, en1618, un arrêt du conseil décida que le marché fait avec le sieur Marie seraitexécuté, et que, pour dédommager le chapitre du droit de propriété, il lui se-rait payé 1,200 livres de rente sur le domaine de la ville ; que les droits de cen-s *ve, lods et ventes, après les soixante années de jouissance par le sieur Marieet ses héritiers, reviendraient à ce chapitre ; de plus, que le terrain situé à l’estde l’église Notre-Dame , autrefois nommé la Motte-aux-Papelards, serait revêtud un mur en pierre de taille. Ces difficultés levées, les travaux furent repris;mais ils furent longtemps suspendus encore par les oppositions toujours renais-santes du chapitre de Notre-Dame . Enfin, les propriétaires de l’ile, mécontentsdes entrepreneurs, demandèrent au roi, et obtinrent, en 1643, d’être subrogésaux droits de Marie et des associés, s’offrant d’achever dans trois ans les pontset les quais qui restaient à construire, de payer les 50,000 livres promises auchapitre, de donner une pareille somme pour faire entourer de murailles le ter-rain ou la Motte-aux-Papelards, afin de remplir tous les engagements imposésaux précédents entrepreneurs. Ce fut un nommé Hébert, propriétaire de mai-sons dans l’île, qui, associé aux autres propriétaires, en acheva, en 1647, toutesles constructions.