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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XIII . ^

placement de la rue Culture-Saint-Gervais, on traça les rues Saint-Anastase,Saint-Gervais ; et, en 1630, celles dAnjou , de Beaujolais , de Beauce, de Bour­ gogne , de Bretagne , du Forez , de la Marche, du Perche, etc., furent ouvertes.Henri IV voulut établir au Marais une place dune grande étendue, qui devaitporter le nom de place de France , à laquelle auraient abouti huit rues, largeschacune de six toises, bordées de bâtiments uniformes, et désignées toutes parune dénomination géographique. Telle est lorigine des noms de province queportent la plupart des rues de ce quartier. Lîle Saint-Louis fut, sous ce règne,entièrement couverte de maisons, et donna à la ville de Paris un nouveau quar-tier régulièrement construit.

Hans lile de la Cité, la rue Sainte-Anne, près du Palais, fut ouverte en 1631 ;la rue Saint-Louis, qui nexiste plus, le fut en 1630. Au faubourg Saint-Ger-main, sur lemplacement du petit Pré-aux-Clers , et sur celui quy occupaientlhôtel et les jardins de la reine Marguerite, on ouvrit la rue des Petits-Augustinset quelques autres. Sur le grand Pré-aux-Clercs , la rue Saint-Dominique, autre-fois le Chemin-aux-Vaches, et les rues de Bourbon, de Verneuil, etc.

Paris fut aussi pendant ce temps orné de vastes édifices, de soixante-neuf mai-sons religieuses, de trois églises paroissiales, de quelques hôpitaux, du palais du Luxembourg , du Palais-Cardinal ou Royal, de la Sorbonne, du collège Du Plessis,des bâtiments et du Jardin des Plantes , et dautres établissements, dont jaiparlé, etc., etc. Celte ville reçut une face nouvelle.

Laqueduc dArcueil porta le bienfait de ses eaux dans les jardins du Luxem-bourg et dans plusieurs quartiers de lUniversité et du faubourg Saint-Germain. Lhôtel de Nevers figurait avec distinction sur lemplacement de lhôtel des Monnaies . Le mur de ses jardins bordait le quai jusquà la rue Guénégaud; et ceHuai, dépourvu de parapet, se terminait entre lhôtel des Monnaies et le collège des Quatre-Nations .

La tour de Nesle, ainsi que la porte de ce nom, située sur la rive gauche delu Seine ; la tour du Bois sur la rive opposée, tour qui sélevait beaucoup plushaut que le comble de la galerie du Louvre, et la Porte Neuve, qu'elle protégeait,existaient encore. Chacune de ces deux tours, rondes, très-élevées, était accou-plée à une seconde tour ronde dun moindre diamètre, mais dont la hauteur sur-passait de plusieurs toises la tour principale. Lancien Louvre était encore en-touré de fossés alimentés par les eaux de la Seine . La façade de ce palais, ducôté de Saint-Germain-lAuxerrois, conservait encore son ancien caractère. Elleétait terminée aux deux angles par deux tours rondes couvertes dun toit enforme conique. On arrivait à la porte principale par un pont composé darches enpierres et dun pont-levis.

Le jardin des Tuileries était séparé du palais de ce nom par un espace assezconsidérable et par une rue qui portait le nom de ce jardin. Ce jardin, le Cours-la-Reine, les jardins du Luxembourg, des Plantes et du Palais-Royal étaient,avec le Pré-aux-Clercs, les seules promenades de Paris ; mais tous les Parisiensn ava ient pas le droit den jouir,

Le Pont-Neuf était le rendez-vous commun des étrangers, le lieu le plus pas-sant de la ville. On le trouvait constamment couvert dune foule de curieux, de