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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

charlatans qui vendaient de longuent et jouaient des farces, de banquistes quifaisaient des tours de gobelets, de marchands de chansons, qui les chantaient, dejeux de marionnettes, de marchands de joujoux, de quincaillerie, de livres, etc.Il présentait des scènes très-variées et un tableau fort animé.

Voilà le beau côté, la face riante et gracieuse de Paris récemment embelli.Examinons cette ville sous une autre face. Les tours de Nesle et du Bois , la façadedu Louvre et ses tours rondes, les édifices du Grand et du Petit-Châtelet , le Palaisde la Cité, la forteresse du Temple, celle de la Bastille, la plupart des tours etportes de lenceinte de la partie méridionale de Paris , etc., conservaient encore àcette ville les traits prononcés de son ancienne barbarie, un aspect menaçant etféodal.

Si nous parcourons lintérieur, nous y voyons des rues très-étroites, tor-tueuses, bordées, de loin en loin, de quelques édifices somptueux ou solides,mais dont les intervalles étaient remplis par des maisons mal bâties, ou plutôtpar de pauvres baraques : nous y voyons lopulence avoisinant beaucoup de mi-sère. Létat des rues nétait pas plus satisfaisant que celui des maisons qui lesbordaient : fangeuses, obstruées souvent par des immondices, des fumiers, etinondées deaux stagnantes et corrompues, elles blessaient également la vue etlodorat.

Paris ressemblait assez bien à un homme pauvre et orgueilleux qui porteraitdes vêtements dorés sur un linge sale et peuplé de vermine.

ÉTAT CIVIL DE PARIS .

Rien ne fut changé dans Paris relativement à létat civil des habitants ; lesmêmes désordres régnaient: et, malgré le grand nombre de magistratures etdofficiers de justice, les attroupements, les vols, les assassinats même, se com-mettaient en place publique, en plein jour, et presque toujours impunément.

Cest un trait de caractère assez remarquable que des arrêts du parlement, qui,rendus contre les vagabonds armés, pillant, assassinant dans la ville, dans lesfaubourgs, dans ses environs; rendus sans cesse contre les insolences et les voiesde fait des pages et des laquais, létaient toujours inutilement. Le renouvellementcontinuel du remède prouvait la continuité du mal.

Les seigneurs de la cour donnaient dailleurs aux vagabonds, aux voleurs dejour et de nuit, aux pages et aux laquais lexemple des infractions des ordon-nances, et du mépris pour les autorités : jen rapporterai ailleurs plusieurspreuves. Je me borne, quanta présent, à celle-ci ; le baron de Reauveau, ac-cusé de fabriquer de la fausse monnaie, crime dont plusieurs nobles se rendi-rent coupables au dix-septième siècle, était détenu dans les prisons du Châte-let. Son procès se continuait, lorsque de Vitry, capitaine des gardes du roi, etlexempt Mallevillc, accompagnés dun grand nombre de gens armés et munis depétards, se présentent pendant la nuit au Châtelet. Ils battent et mettent enfuite les archers, brisent les portes de la prison, en tirent le baron de Beau-veau, vont dans la maison du lieutenant de robe-courte, linsultent, et y com-mettent plusieurs violences. Le parlement, informé de ces excès, ordonna que