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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XIII .

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sire que le roi ne leur confie pas ses secrets. Voilà les jésuites confesseurs à lacour, les pères Àrnoux et Sigueran, érigés en mouchards; mais ils nétaient passeuls, et Ks mémoires de celte époque attestent que tout lentourage de Riche-lieu, gentilshommes, seigneurs, bouffons, moines, prêtres et valets, étaient plusou moins entachés de cette turpitude.

A ces actes de tyrannie, à cette institution corruptrice de la morale, le car-dinal de Richelieu joignait des habitudes très-peu exemplaires. Il ne rougit pasd imiter, au dix-septième siècle, les vices des prélats des temps barbares. Commeeux il posséda une grande quantité de bénéfices; comme eux il négligea lesaffaires spirituelles, pour se livrer tout entier aux temporelles ; comme eux ilétala un luxe et une magnificence opposés à lesprit de la religion dont il étaitministre ; comme eux il versa le sang et tyrannisa le peuple; comme eux il eutdes maîtresses, des bourreaux, et comme eux enfin il prit le casque et lépée, etse montra à la tête des armées. Son exemp'e eut des imitateurs : on vit de sontemps des moines, des prêtres, des évêques, des cardinaux, joindre à leur pro-fession celle de militaire, et se livrer aux dissolutions des camps.

Dans un écrit qui parut sous le règne de Louis XIII , lauteur passe en revue'a plupart des professions de cette ville, et reproche à chacune les vices qui luisont propres. Dans le même ouvrage, un interlocuteur joint un correctif à ce quecette censure peut avoir d'exagéré, et justifie, tant bien que mal, ces diversesprofessions. Je vais, sans rien altérer au sens de cette espèce de plaidoirie con-tradictoire, rapporter alternativement laccusation et la défense, et mettre leslecteurs en état de juger.

Lauteur commence par les ecclésiastiques, se plaint de leur ignorance, deleur vaine présomption. «Combien en voyez-vous, dit-il, qui samuseront plutôt à voir des bagatelles, folies, farces, etc., que demployer un quart dheure par

* jour à lire quelques bons livres qui pourraient porter profit à eux et au public !« Vous en verrez dautres qui marcheront en habits de soldats, dautres en

* babils de courtisans, dautres sans tonsure, la barbe à la mode, la perruque en» tête. » Il parle ensuite de ces ecclésiastiques qui sont comblés de bénéfices,tandis que tant de pauvres prêtres demandent laumône. Il ajoute que, lorsquonse plaint à ces riches prêtres de la surabondance de leurs bénéfices, et de cequils frustrent ceux qui devraient en posséder, ils répondent : Cest pour monneveu, nosant dire pour mon fils.

Lauteur parle ensuite des juges. « Vous les verrez quelquefois condamner

* quelquun, soit à la mort, soit à quelques autres peines, mais pour de lar-

* gent : si vous trouvez quelque voleur insigne ou un meurtrier dans votre

* uiaison, et que vous le fassiez conduire en prison, il vous en coûtera de lar-» gent. Si vous demandez justice, on vous demandera si vous vous portez partie.

* Si vous dites non, on délivrera le coupable. Si vous dites oui, on sinformera si» vous avez de quoi payer les frais de la procédure, et lon condamnera le pauvre

* misérable à être flagellé devant votre porte, ou aux galères. » Quun hommesoit accusé à faux ou pour un léger délit, et quil le soit par un ami du juge, alors,sans aucun délai, il est condamné à mort. « Ainsi, dit lauteur, on pend les petitslarrons, et les gros demeurent en vogue. «