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Ce projet fut mis à exécution en 1630. Dans la suite, ils imaginèrent de joindreà ces annonces des nouvelles politiques; et pour la première fois, en 1637, ilsmirent au jour une feuille périodique, sous le titre de Gazette, qui paraissaitchaque semaine, et dont la feuille ne coûtait que deux liards. Ce second ouvragepériodique, qui paraissait à des époques très-rapprochées, et qui fut l’originede la Gazette de France , dut contribuer beaucoup, malgré sa sécheresse, malgrél’influence qu’exerçait le cardinal de Richelieu sur sa rédaction, à propager leslumières.
L’industrie participa à ce mouvement progressif. En 1514, François Micaire,maître sellier, et Jean de Saint-Blunon, menuisier, obtinrent la permission demettre en usage une invention dont l’objet était de construire des carrossesplus commodes que ceux dont on se servait alors. Denis de Foligny, d’après sespropositions, fut autorisé, en 1632, à rendre navigables plusieurs rivières quin e l’étaient pas, telles que celles d’Eure , de Velle, de Chartres , d’Étampes, etc.
— Dans la même année, on réforma l’art de Yécriture, qui n’avait d’autre règleque le caprice. Louis Barbedor, syndic des écrivains de Paris , et le nomméLe Bé, fixèrent, par des exemplaires, le premier la forme des lettres françaises,et le second celle des lettres italiennes. Ces exemplaires, déposés au greffe duparlement, furent gravés et publiés au profit de la communauté des écrivains.
— Dans la même année aussi on imagina de tirer parti des pauvres valides, enétablissant à Paris des ateliers de charité. — Le 19 février 1635, le parlementvérifia les lettres patentes qui permettent à Jean Boudet, natif d’Agen , de fa-briquer des tapisseries d’après un procédé de son invention, et d’en diriger lestravaux. — Louis Cellier et Louis Deschamps, habitants de la ville de Grenoble ,obtiennent, le 3 février 1642, la permission de fabriquer et de vendre des lampesen forme de chandelles, éclairant dans tous les sens, et consommant une moindrequantité d’huile.
Ce mouvement des esprits, cette tendance au perfectionnement, eurent dansla suite bien plus de rapidité et d’énergie, comme on le verra dans la périodeprochaine.
L’homme au MASQUE DE FER. — GUERRE DE LA FRONDE. — CARACTÈRE DE LOUIS XIV .
Louis XIV naquit à Saint-Germain-en-Laye, le 5 septembre 1638, et reçut lesurnom de Dieu -donné, ou donné par Dieu . Cette dénomination suppose une nais-sance extraordinaire. Ce prince naquit avec deux dents. Cette dentition a faitsoupçonner que l’époque assignée publiquement à sa naissance n’était pas la véri-table : on a fortifié ces soupçons par d'autres faits.
Anne d’Autriche , sa mère, resta stérile pendant vingt-irois ans, ou plutôt nemit au jour aucun enfant reconnu. Louis XIII , qui la détestait à cause de sesSatan ter i es, vivait constamment éloigné d’elle. Il est probable que la reine,