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cution. Par l’effet des guerres de la Fronde, le nombre de ces mendiants, deces vagabonds, et celui des habitants des environs de Paris que les militairesforçaient à quitter leurs foyers, se montait à quarante mille , à peu près le cin-quième de la population parisienne. Les désordres que causait cette partie de lapopulation, déterminèrent enfin les magistrats à prendre des mesures néces-saires. Après de longues délibérations, on convint que tous les mendiants va-lides ou invalides seraient renfermés, et qu’on les ferait travailler suivant leurfoi'ce et leur talent. Pomponne de Bellièvre , alors premier président du parle-ment, mit beaucoup de zèle dans l’exécution de ce projet, et détermina le roi àrendre un édit, du 27 avril 1656, qui ordonnait l’établissement d’un hôpitalgénéral et prescrivait les règles qui devaient y être observées. On céda, pourcet objet, les masures de Bicêtre, château depuis longtemps abandonné, et lamaison de la Salpétrière . On fit disposer ces bâtiments pour les rendre propresà leur nouvelle destination. Libéral Bruant, architecte, fut chargé des construc-tions de l’hôpital de la Salpêtrière . Il fit notamment bâtir l’église, qui s’élèvesur un plan circulaire; elle est couverte par un dôme octogone; l’intérieur estpercé par huit arcades qui communiquent à quatre nefs et à quatre chapelles.Ces nefs et ces chapelles, disposées en rayons, aboutissent au centre de l’égliseoù s’élève l’autel principal. Les bâtiments de cet hôpital sont immenses et occu-pent, avec les cours et jardins, un emplacement qui contient près de 108,000mètres.
En 1662, la misère était excessive; on comptait h l’IIôpital général neuf àdix mille pauvres. Les directeurs de cet hôpital, dans une assemblée qui se tintle 21 et le 24 avril de cette année, déclarèrent qu’ils seraient forcés d’ouvrir lesportes de cette maison si l’on ne pourvoyait promptement à leurs pressantsbesoins. Le parlement ordonna que les communautés religieuses des deux sexesseraient invitées à contribuer à la nourriture et à l’entretien des pauvres decet hôpital jusqu’à la somme de cent mille livres. La misère augmentait tou-jours ; les habitants des campagnes venaient en foule mendier à Paris . On or-donna que ces nouveaux pauvres seraient répartis dans les maisons dépendantesde l’IIôpital général jusqu’au temps de la moisson. — Ces maisons dépendantesétaient celles de la Pitié et de Bicêtre. — Dans la Salpêtrière , on plaça les en-fants au-dessous de quatre ans et toutes les femmes, quels que fussent leur âgeet leurs infirmités.
On y voyait, en 1720, deux salles habitées chacune par huit cents petitesfilles occupées à divers travaux. On y trouvait trois grands dortoirs contenantdeux cent cinquante cellules destinées aux époux âgés qui ne pouvaient plussubsister par leur travail : c’est ce qu’on nommait les Ménages. Dans une courséparée était la maison de force pour les filles et les femmes débauchées. Jedonnerai plus loin de nouveaux détails sur l’état actuel de cet hôpital.
bicêtre, château, hospice, prison, etc., situé à une demi-lieue de la barrièred’Italie, et à l’ouest de la grande route de Paris à Fontainebleau .
Une ancienne propriété, appelée la Grange-aux-Qucux (ou aux Cuisiniers ),fut acquise par Jean, évêque de Winchester en Angleterre. Il y fit bâtir, versl’an 1204, un château qui porta depuis son nom, dont on a fait Vinchestre et