Hiceslre. Philippe-lc-Bcl, en 1294, confisqua ce château, et scs successeurs le pos-sédèrent. Charles VI , en 1381 et en 1409, donna des lettres datées de ce lieu. Leduc de lîerri, qui en devint possesseur, le fit embellir; il s’y retira avec le ducd’Orléans pour se liguer contre le duc de Bourgogne . On y négocia une paixnommée dans l'histoire la paix de Wincesler. Un an après, le traité ayant étéviolé, on nomma cette violation la trahison de Wincester.
Les guerres civiles du quinzième siècle causèrent la ruine de ce château. Leduc de Berri le donna en 1416, ainsi que ses appartenances, au chapitre deNotre-Dame , qui n’y fit aucune réparation. Dans un dialogue satirique oùle sieurde Saint-Germain fait parler Vincennes et Bicêtre, ce dernier château est qualifiéde masure où l’on a, dit-il, établi un hôpital rempli d’hôtes languissants et decourtisans estropiés. Louis XIII , en 1632, acquit cette propriété, fit construireen 1634, dans l’emplacement du château, une chapelle de Saint-Jean, des bâti-ments pour y loger des officiers et des soldats invalides ; et il érigea cet établis-sement en commanderie de Saint-Louis. Louis XIV ayant construit l’Hôtel des Invalides , cette maison, devenue inutile, fut, en 1656, convertie en succursalede l’Hôpital général. On y plaça des pauvres, des veufs, des garçons valides ouInvalides , des jeunes gens débauchés, ou bien atteints de la maladie véné-rienne. Dans la croyance populaire, toute cette partie méridionale du dehorsde Paris , depuis et compris l’emplacement de l’antique cimetière des Romainsjusqu’à Bicétre, était le théâtre des revenants, des loups-garous, du sabbat. C’étaitdans les carrières des environs de Gentilly, du plateau de Mont-Souris, quedes fourbes, qui trouvaient des gens assez crédules pour les payer, leur faisaientvoir le diable.
enfants-thouvés. Une des obligations des seigneurs féodaux était de nourrirles enfants trouvés, comme je l’ai dit ailleurs. L’évêque de Paris s’acquitta decette obligation, en destinant à ces enfants une maison située près du port Saint-Landri, qu’on nomma la maison de la Couche. Il était dans l’usage de faireexposer à l’intérieur de son église un vaste berceau où l’on plaçait quelques-unsde ces enfants, afin d’attirer les libéralités publiques et de diminuer les dépensesfiu’il faisait pour eux. Sans doute ces enfants étaient fort mal soignés, puisqu'unedame veuve, touchée de leur malheureux état, se chargea de les recevoir danssa maison située près de celle de la Couche. Le zèle très-louable de cette dame serefroidit bientôt; le sort des enfants trouvés ne fut pas meilleur, et devint peut-être pire. Ses servantes, lassées des peines que leur donnaient ces enfants,ennuyées de leurs cris, en firent un objet de commerce. Elles vendaient ces nou-veau-nés à des mendiantes, qui s’en servaient pour émouvoir la sensibilité dupublic et s’attirer des aumônes. Elles en vendaient à des nourrices pour remplacerleurs nourrissons morts, et ainsi des enfants étrangers étaient, par cette super-cherie, introduits dans plusieurs familles. Elles en vendaient à ceux qui, adonnésù la magie, se servaient de ces enfants, les sacrifiaient dans des opérations fortabsurdes et encore plus criminelles.
Ues abus aussi révoltants furent enfin connus. On cessa d’envoyer les enfantstrouvés dans la maison de celte dame. Un homme célèbre par son zèle et sabienfaisance, Vincent de Paul , touché de leur sort, parvint, en 1638, à établir