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que. De celte porte on pénètre dans une cour, dont le plan offre un parallélo-gramme de 65 toises de long sur 32 et demie de large. Elle est entourée debâtiments dont les quatre faces ont deux étages d’arcades qui éclairent des gale-ries. L’architecture de cette cour a le caractère noble, mule et simple qui convientà l’institution. Au centre de la façade opposée à l'entrée, est le portail de l’églisedécoré de la statue de Napoléon .
Cette église se distingue par son autel, placé sous une arcade qui communiqueà une seconde église, dite du dôme. Cet autel est orné de six colonnes torses, quisoutiennent un superbe baldaquin. Les figures d’amortissement et les autresornements sont l’ouvrage de Vanclève et de Coustou l’aîné. La nef est illustréepar un nombre considérable de drapeaux pris sur nos ennemis. Au delà, sur lamôme ligne, est l’église du dôme, construction vaste et magnifique où Louis XIV a prodigué la richesse, et où les plus habiles artistes ont, à l’envi, déployé leurstalents. Le pavé de ce dôme, le pompeux baldaquin de l'autel, les sculptures, lespeintures, tout est d’un fini précieux, tout est exécuté avec un soin et un artadmirables. Le sol du dôme, pavé en marbre de diverses couleurs agréablementcomparties, est plus bas que celui des six chapelles qui l’entourent. Il faut des-cendre plusieurs marches pour y arriver. Ce dôme a 50 pieds de diamètre. Atravers une ouverture circulaire pratiquée au milieu de la première coupole, ornéede figures d’apôtres peintes par Jouvcnet, on voit la seconde coupole éclairée pardes jours que l’observateur ne peut apercevoir, et où le peintre Lafosse a repré-senté la gloire des bienheureux. La troisième coupole forme la toiture extérieure.Six chapelles sont placées autour de ce dôme.
Ce dôme a son portail particulier du côté d’une large avenue bordée de quatrerangées d’arbres. Ce portail sert pour ainsi dire de soubassement à l’édifice dudôme. Le dôme, qui montre ici son extérieur dans toute sa majesté, a, depuisle pavé jusqu'à l’extrémité de sa flèche, 105 mètres de hauteur : à l’extérieur, ilest orné de quarante colonnes d’ordre composite. Celte ordonnance, dégradée,par des ressauts, est couronnée par une balustrade. Au-dessus est un attique,percé de fenêtres et chargé de huit piliers buttants, contournés en forme devolute. La coupole, divisée en côtes, est chargée, dans leurs intervalles, detrophées militaires, couronnés chacun par un casque dont l’ouverture sert delucarne. Ces trophées et ces côtes en plomb, comme toute la couverture, étaientdorés. L’action de l’air avait fait disparaître l’éclat de l’or. En 1813, le gouverne-ment fit entièrement redorer ces parties. Au-dessus de la coupole est une lanternesurmontée par une flèche très-élevée et terminée par un globe et une croix. Dansl’intérieur des bâtiments on va ordinairement visiter la cuisine, les quatre réfec-toires, la pharmacie, la bibliothèque composée d’environ vingt mille volumes,l’horloge à équation, ouvrage très-eslimé de Lepaute , la salle du conseil, placéeau-dessus de la principale entrée, etc. En 1717, le czar de Russie , Pierre I er , vintà Paris et visita les Invalides ; il voulut les voir manger, et but lui-même à lasanté de ces braves.
Dans un caveau, situé sous le dôme, on avait déposé un grand nombre defusils. Les Parisiens , qui, dans les premiers jours de la révolution, cherchaientpartout des armes, instruits de l’existence de ce dépôt, vinrent en foule, le 14