457
SOUS LOUIS XIV .rie Palais des Beaux-Arts. M. Vaudoyer fut alors chargé de (ransformer 1 égliseîle ce collège en une salle propre aux séances publiques de 1 Institut. Plusieursparties de cet édifice ont subi des changements. La lanterne du dôme a été entiè-rement reconstruite. — Deux fontaines furent établies aux deux côtés de l’avant-corps placé au centre de la façade; chacune est composée de deux lions en ferfondu qui jettent de l’eau dans un même bassin.
LE Louvre, palais situé dans le quatrième arrondissement, quartier du Louvre.J’ai déjà parlé de diverses reconstructions qu’avait subies le Louvre; au 17 e siècle,sa façade, du côté de Saint-Germain-l’Auxerrois, était encore caractérisée parquatre tours rondes : deux au centre, et les deux autres aux angles de cettefaçade. Ce frontispice féodal et barbare ne pouvait subsister sous un princemagnifique et passionné pour les constructions. Louis XIV entreprit de recon-struire la façade et les autres vieux corps de bâtiment : il s’occupa d’abord àterminer plusieurs parties imparfaites du Louvre et de sa galerie, et pour n’éprou-ver nulle cantrariété, aucun obstacle, il fit, le 6 novembre 1650, publier à Paris «ne défense à toutes personnes d’élever aucun bâtiment sans sa permissionexpresse, sous peine dix mille livres d’amende, et à tous ouvriers de s’y em-ployer sous peine de prison pour la première fois et de galère pour la seconde.Le 6 février 1661, dans le temps qu’une multitude d’ouvriers étaient livrés à cetouvrage, le feu prit à la galerie des peintres : il se communiquait déjà à la grandegalerie du Louvre. On ne connaissait point encore l’usage des pompes, et ce nefut qu’en coupant la galerie qu’on parvint à arrêter les progrès de l’incendie.Les bâtiments du Louvre, et même la façade orientale, commençaient à s’élevers ur les dessins de Leveau, lorsqu’en 1664 Colbert fut nommé surintendant desbâtiments. Ce ministre n’était pas content des dessins de Leveau. Il invita tous lesarchitectes de Paris à venir donner leur avis sur le modèle en menuiserie de cettefaçade et à fournir chacun un dessin, avec promesse d’adopter celui qui seraitjugé le meilleur. Presque tous ces architectes censurèrent le projet de Leveau,firent des mémoires où ils établirent les motifs de leur censure et fournirent desdessins de cette façade. Claude Perrault encouragé par son frère Charles , commisde Colbert , produisit aussi son dessin. Colbert en fut charmé, et ne pouvait conce-voir, dit Charles Perrault , « qu’un homme qui n’était pas architecte de profession‘ eût pu faire rien de beau. La pensée du péristyle est de moi : il l’approuva et la« mit dans son dessin, mais en l’embellissant infiniment. » Ce dessin, exposé enpublic, fut très-admiré : Colbert qui n’était pas assez connaisseur pour se décider,prit la résolution de soumettre les dessins de Leveau à la censure des plus célè-bres architectes d’Italie , comme il les avait déjà soumis à celle des architectesde France . Il envoya plusieurs copies de ces dessins à Rome . Les architectesetrangers s’occupèrent à fournir des dessins d’un goût bizarre qui ne furentPoint goûtés. En même temps, le ministre fit écrire une longue lettre au célè-bre Nicolas Le Poussin, par laquelle il le chargeait de recueillir les opinions desplus habiles artistes de Rome et d’y joindre la sienne. Cette lettre écrite ne futpoint envoyée.
Pendant ces consultations, le cai’dinal Rarberin et un abbé Benedetti, ami deColbert , parlèrent à ce ministre du cavalier Bernin, prônèrent sa réputation et
58