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SOUS LOUIS XIV .galeries, dont le fond, autrefois garni de niches, est aujourd’hui percé de fenê-tres. La hauteur de cette façade, depuis le sol jusqu’à la partie supérieure de labalustrade, est de 85 pieds : elle se divise en deux parties principales : le soubas-sement et le péristyle. —Le soubassement présente un mur lisse, percé de vingt-trois ouvertures, portes ou fenêtres. Le pérystyle se compose d’une ordonnancecorinthienne contenant cinquante-deux colonnes et pilastres, accouplés et can-nelés. Celte façade éprouva des changements, et fut embellie sous le règne deNapoléon . Au-dessus de la porte d’entrée, placée à l’avant-corps du centre, onfit disparaître un grand cintre, et l’on établit entre les deux parties de la colon-nade une communication qui n’existait pas. Au-dessus de cette même entréeétaient deux tables vides. On y a sculpté un grand bas-relief, représentant laVictoire sur un char attelé de quatre chevaux; et l’on y a joint comme penden-tifs, deux bas-reliefs qui existaient dans les cintres de l’attique composé parPierre Lescot . Le tympan du fronton qui couronne cet avant-corps était restévide. Le sieur Lemot fut chargé de le remplir. 11 composa un bas-relief, aucentre duquel était placé, sur un piédestal, le buste de Napoléon. On voyait àdroite la figure de Minerve, et à gauche celle de la Muse de l’histoire, écrivantsur le piédestal ces mots : Napoléon-lc-Grand a achevé le Louvre. Devant ce pié-destal, la Victoire est assise ; Minerve, des Muses , des Génies figurent dans lesuutres parties de ce fronton. En 1815, on fit disparaître le buste de Napoléon , et°n lui substitua celui de Louis XIV ; et l’inscription fut remplacée par celle-ci :Ludovico Magno.
Perrault fit aussi élever, sur ses dessins, la façade du Louvre qui donne surle cours de la Seine ; façade moins magnifique que la précédente, et qui se trouveparfaitement d’accord avec elle. Le soubassement, les pilastres corinthiens quila décorent , sont dans les mêmes proportions : il ne la termina point. Celle quiregarde la rue du Coq fut en partie construite par Perrault . Sa décoration, quidiffère de celle de la façade du côté de la rivière, est moins riche. D’ailleurs,entourée de bâtiments particuliers très-rapprochés, elle n’était point en vue.Cet architecte n’en composa que la partie qui s’étend depuis la colonnade jusqu’à1 avant-corps où se trouve la porte; avant-corps et porte qui sont de sa compo-sition. Ces façades, que Perrault n’avait point terminées, étaient , depuis un siècleet demi, restées sans toiture, abandonnées aux injures de l’air, et ressemblaienta dos ruines ; elles furent achevées, ragréées, recouvertes, et couronnées de balus-trades sous le règne de Napoléon .
Le plan de la cour du Louvre est un carré parfait, dont chaque côté a 58 toises.Ues décorations des quatre façades de cette cour ne se ressemblent pas : voici lescauses de cette dissemblance.
Ua façade intérieure du côté occidental appartient au corps de bâtiment ap-pelé communément le vieux Louvre, bâti par Pierre Lescot , sous François 1 “'et Henri II . Elle fut restaurée sous Louis XIII par l’architecte Mercier, qui,s écartant des dessins de Lescot , éleva le pavillon placé au centre, dont l’étagesupérieur tut décoré de six cariatides colossales sculptées par Sarasin, et sur lecomble duquel, avant le gouvernement de Bonaparte , était un télégraphe. Lafaçade méridionale fut construite en partie par les mêmes architectes, et par